La photo que tu vois juste là est celle de l'affichage de ma balance à mon retour du Canada, juste ce matin. J'aime bien l'alternance des chiffres 9 et 6, c'est assez joli graphiquement parlant. Rond. Comme ma bulle.
Encore que. Je supçonne mon pèse-personne de ne pas être précis: fine fleur de la technologie sud-est asiatique dont la production a été délocalisée dans un pays dit émergeant, il a forcément été assemblé par des enfants au Bengladesh, alors imagine: un gamin, à cet âge-là, ça ne pense qu'à jouer, mais ça ne sait pas vraiment bosser. En plus, au Bengladesh, les enfants compensent en imagination ce qu'ils n'ont pas en jouets. Donc, forcément, n'importe qulle brindille trouvée par terre devient prétexte à des jeux délirants. Alors salut le boulot... Ton pèse-personne, du coup, il est aussi utile que les pronostics du Tiercé d'Omar Sharif pour prévoir un tremblement de terre...
On dit en général d'un verdict qu'il tombe. Sans doute par analogie avec la lame émoussée de la guillottine dont le condamné à mort, contrairement aux croyances populaires, ne sent que le souffle précédant la coupe (bien dégagée derrière les oreilles, en général). Un souffle frais, un alizé. C'est simple: si on n'avait pas la tronche coincée entre deux foutues planches, on jurerait d'être à Deauville, sur la plage. Les mères qui hurlent en moins. Car, il faut bien avouer, il rare, lors d'une exécution publique, d'entendre une mère hurler: "Jérééé, il faut te passer de la crème solaire. Mais arrête de mettre du sable dans les gateaux, Jérééé! Maman est fâchée! Très fâchée! Et écoute-moi quand je te parle, espèce de flaque de pus! T'es bien comme ton père!". Non, sur l'échafaud, t'as du bol: tu ne perçois que le souffle d'une légère brise (et il n'y a pas de vendeurs de beignets frits à l'huile de camion non plus).
Ce petit vent frais qui hérisse les poils du dos (ou, dans ton cas, ceux du bas du dos), je l'ai ressenti ce matin en voyant que j'avais pris 3 kilos. En trois semaines. Pas besoin d'être ingénieur en trans-palettes pour dire qu'un kilo par semaine, en un an, ça fait 52 kilos de lard en plus. En 10 ans, plus de cinq quintaux. A ce rythme là, dans 20 ans de petits-déjeuners canadiens avec bacon, patates grillées et saucisses, Lavomisse s'appellera Queen Mary II et quand il éructera, tu sortiras ton mouchoir pour dire adieu aux passagers.
Cela dit, à mesure que mon corps se transformait sour les coups de butoir des lipides, j'apprenais une nouvelle langue étrangère. Et tu vas rire, mais j'ai fait d'immenses progrès en quelques jours, c'est saisissant. Ecoute-moi parler, tu verras: j'ai déjà un phrasé redoutable!
Ne nous tartinons pas du Nutella sur les yeux (de bouillon?) et regardons la réalité en face: arrivé à ce stade, deux possibilités s'offrent à moi:
- Se la jouer mesquin et suivre un petit régime à la con comme n'importe quel trentenaire à la con. Bouffer des céréales sans saveur, sans odeur et sans couleur (sauf si tu prends des Fruit Loops - il y en a des violettes, des rouges et des jaunes);
- Se dire que 96.9 kilos, ça fait vraiment petit joueur et qu'avec un petit effort, on pourrait facilement monter à 100. 100 kilos n'est absolument pas un objectif fantaisiste à mon niveau. En plus, une fois que t'as explosé la barre des 100 kilos, c'est comme quand tu as 200'000 miles chez Swiss: tu accèdes à un statut différent et tout le monde devient très gentil avec toi. A 100 kilos, quand un guignol malpoli monte dans le bus au moment où tu veux en descendre, tu ne lui dis plus "Excusez-moi, mon jeune ami, il était dans mon intention de quitter le véhicule autotracté dans lequel vous vous apprêtez à monter, je vous remercie dès lors de surseoir à votre initiative". Non, tu fais pas ça. Tu ne dis plus rien; tu te contentes de tomber sur le gars. Une fois au sol, couché sur le malheureux (dont la tête doit être bien rouge), tu roules sur le côté et tu te relèves. Mais avant, tu te mouches copieusement dans le pull du type ou tu lui tousses contre, car être sale, c'est un privilège de gros (ben si, un gros c'est sale et ça sent mauvais parce que le séboumme macère entre les bourrelets).
Ma décision est prise: je crois que je prendrai bien un supplément mayo avec mon pain au chocolat...






Laisse-toi pousser la barbe et lance-toi dans la chanson populaire, il y a vingt ans un certain Carlos a plutôt bien réussi avec cette technique. Le succès des genres de musique c'est comme les crises d'angoisses féminines, c'est cyclique.
Rédigé par : gael | 14 août 2006 à 14:34
Carlos il est trop gros. Quand il va aux toilettes, il doit insérer deux baguettes en bois entre ses guibolles et les bords de la cuvette, histoire de pouvoir rompre l'effet-ventouse à la fin du popo.
Eh oui, ça le public l'ignore.
Rédigé par : Lavomisse | 14 août 2006 à 15:22
En tout cas, si tu mets de la mayo avec ton pain au chocolat, prends pas celle offerte par Ronnie MacDonald...
Rédigé par : Rolex | 14 août 2006 à 16:16
Celle du colonel Saunders (égérie de Kentucky Fried Chicken n'est pas meilleure, en plus y a des grumeaux).
Rédigé par : Lavomisse | 14 août 2006 à 16:26
En fait, seules quelques secondes de réflexion suffisent à se convaincre des avantages énormes (pardonnez-moi ce mauvais jeu de mot) de la deuxième solution. En effet, les avantages de ce choix ne se limitent pas simplement aux joies procurées par la commande et l'ingurgitation d'un menu maxi au McDo (avec triple supplément de ketchup, tranche de bacon supplémentaire et sauce barbecue svp), il vous permettra aussi et surtout, cher Lavomisse, de préparer votre future et brillante carrière dans la politique municipale vaudoise. A cet effet et afin d'être parfaitement crédible, je vous recommande d'ailleurs de tripler vos doses journalières de mayonnaise, de vous acheter un stock conséquent de cravattes "chics" réprésentant nos chers compagnons poilus à quatre pattes et surtout, d'éviter toute activité physique, histoire de raccourcir encore un peu plus votre souffle.
P.S.: il va de soi que toute ressemblance avec une personne ou des faits ayant existés ne serait que purement fortuite et totalement involontaire.
Rédigé par : Fredo le Clodo | 14 août 2006 à 16:26
Il va de soi. Mais je pense que je préfère encore m'acheter un Bontempi et apprendre à jouer Frère Jacques pour gagner ma vie, merci.
Rédigé par : Lavomisse | 14 août 2006 à 17:04
Avec un peu d'exercice et 100 kilos vous pourriez devenir, cher Monsieur Lavomisse, l'éffigie de l'homme bien portant représentant une Suisse fière et allant de l'avant. Des bras noueux, des mollets de vieux suisses, c'est ça la Suisse de demain. Faites-moi fondre cette brioche peu ragoûtante et devenez tout ce que les Suissesses attendent, de Poliez-le-Grand à Schuols, un homme fier, intelligent et beau comme un donut sous une lune de miel.
Magnifique billet! By the way!!
Rédigé par : dahuvariable | 15 août 2006 à 07:34
Welcome home Tancrède... Une petite fondue pour fêter ça? Oui oui, tu peux la manger avec ton pain au chocolat, mais la mayonnaise, garde la pour le dessert. Un peu de respect pour les traditions que diable. Comme tu l'a appris dans la belle province, on ne mets jamais de sirop d'érable sur la poutine, sauf en cas de match de hockey...
Vise les 100... Courage...
En 4 jours en Allemagne, je me suis alourdi de 4 kilos de saucisses et de bières... Je n'ai pas fait le même calcul que toi, et heureusement non?
Allez, je vais me reprendre un bol de Special K...
Rédigé par : arpenteur | 17 août 2006 à 23:39