J'ai de moins en moins de considération pour les gens qui font du marketing. Qu'une entreprise fasse connaître ses produits et services et tente de se différencier de la concurrence me paraît évident. Qu'elle essaie de fidéliser sa clientèle également. Mais il y a des limites. Comme le bon sens, par exemple. Que les gens du marketing ne peuvent pas s'empêcher de transgresser en bullshittant à tout vent:
Kwispel (qui veut dire "remue la queue" en néerlandais) est une bière sans alcool pour... chiens élaborée par une brasserie d'Amsterdam. Avec des extraits de boeuf. Pour que ton chien puisse boire un verre avec toi après une partie de chasse (d'après l'inventeur). J'imagine déjà le chien et le proprio, vautrés devant leur télé, se grattant les burnes en regardant un match de foot...
Plus débile encore: l'eau minérale Fiji, mise en bouteille aux îles Fidji (comme le nom l'indique, hein) et dont la grande majorité d'une production annuelle estimée à 180 millions de bouteilles est exportée... aux Etats-Unis. Le marketing de Fiji met en avant la pureté exceptionnelle de l'eau, ses bienfaits pour le corps (elle renforcerait les ongles et les cheveux, éléments qui ont évidemment été contestés par un labo).
Enfin, c'est sans rire jusqu'à se faire dessus que le vice-président du marketing explique, avec ses mots à lui, que Fiji Water vend avant tout une sensation, une perception. Celle de partir en vacances: "Consumers will gaze into the bottle and it takes them away for a moment". Je ne sais pas comment il fait pour rester sérieux. Mais c'est là qu'on se rend compte que clown, c'est un vrai métier...
Personnellement, une eau minérale à laquelle on fait traverser un océan pour qu'on puisse la faire consommer à des snobs crédules à l'autre bout du monde en mettant en avant le côté 'nature' du produit, ça fait naître une autre perception chez moi: celle d'une connerie sans bornes et d'un cynisme totalement méprisable.
On devrait les obliger à afficher le bilan écologique d'une telle mascarade sur l'étiquette. Juste pour gâcher un peu l'expérience de consommation. Et que le consommateur ait l'impression de passer des vacances sur une décharge, ce qui serait nettement plus honnête. Mais si le but du marketing était d'être honnête, ça se saurait...
A choisir entre aller boire une bière avec le responsable du marketing de Fiji et un chien, j'opte sans hésiter pour le second. Au moins, je ne serais pas tenté de faire couler du béton dans sa gueule pour le faire taire. Et puis il en va du chien comme du chat: tu n'as pas besoin de mots: un regard suffit.






Mondialisation mon cher Tancrède, voilà le mot-clé de toutes ces sombres affaires économiques. Le jour ou les péquins moyens ouvrirons leurs yeux collés par le caviar bon marché n'est pas encore arrivé, au grand damn de la planète.
Rédigé par: gael | 23 janvier 2007 à 11:18
Certes, sauf que pour l'eau minérale, cela va au-delà de la globalisation. Je ne suis pas certain qu'il soit plus rationnel - au niveau des coûts à la production - de mettre en bouteille de l'eau aux îles Fidju qu'aux USA (en fait, c'est clairement non).
Le problème est qu'une partie des coûts (pollution) n'est clairement pas pris en compte dans ce calcul et qu'elle est simplement repoussée sur la collectivité.
Et franchement, il faut vraiment avoir une cervelle de moineau pour rêver de vacances devant une bouteille d'eau. Ou alors avoir une vie super triste...
Rédigé par: Lavomisse | 23 janvier 2007 à 11:32
je n'en rajouterai pas plus, mais je n'en pense pas moins.
Et comme je le disais dans mon commentaire sur le post précédent, j'adore la couleur de cette vomissure du jour...
Merci
Rédigé par: arpenteur | 23 janvier 2007 à 11:51
Pour la couleur: j'y ai mis un peu de curry (importé de Madras), des herbes en provenance du Groenland et un morceau de pâté de fennec de Laponie.
Parce que le but c'est quand même que les gens rêvent en voyant la flaque ;)
Rédigé par: Lavomisse | 23 janvier 2007 à 11:56
C'est pas nouveau: Emilio Lambert se prit un jour à révasser de vacances exotiques en scrutant son Tahiti-Douche. Après ça, il glissa et se tordit l'orteil.
Rédigé par: GWCH | 23 janvier 2007 à 12:11
Un peu comme Evian et Perrier qui s'affichent dans tous les TV-shows dignes de ce nom...
Rédigé par: M'dame Jo | 23 janvier 2007 à 12:32
(mais bon, sinon je sais pas comment ils font, les americains, mais meme leur eau en bouteille est crade...)
Rédigé par: M'dame Jo | 23 janvier 2007 à 12:33
GWCH> Cela n'est rien, en revanche, par rapport au jeune Emilio Corleone qui, tentant de ramasser son Tahiti au Monoï dans les douches du pénitencier, ressentit un souffle chaud dans son cou, suivi par une violente douleur au niveau du bas du dos.
Rédigé par: Lavomisse | 23 janvier 2007 à 12:46
J'ai toujours dit que dans un pénitencier, mieux vaut utiliser du savon liquide qu'une savonette : ça met plus de temps pour être ramassé.
Rédigé par: Anceps | 23 janvier 2007 à 14:42
Anceps, le savon liquide... plus de temps pour etre ramassé ou potentiel double usage?
Rédigé par: M'dame Jo | 23 janvier 2007 à 14:51
Triple usage: faut pas oublier le lavement. Avant d'utiliser le savon comme lubrifiant.
Enfin, je dis ça, hein, mais je ne suis jamais allé en prison non plus. ;)
Rédigé par: Lavomisse | 23 janvier 2007 à 14:58
Je ne crois pas que le savon soit nécessaire pour le lavement. Je pense plutot que ça doit être terriblement agressif au savon.
(Je suis pas allée en prison, mais définitivement à l'hosto.)
Rédigé par: M'dame Jo | 23 janvier 2007 à 15:44
Le célèbre chirurgien Guillaume de Salicet préconisait une décoction à base de bettes, mauves, matricaires, mercuriale, violettes, miel, sel, sucre, d'huile de violette et de casse en bâtons.
Hélas, de nos jours le personnel hospitalier est bien trop débordé pour mettre au point une telle préparation. Bien souvent, on se contente alors de White Spirit pour les lavements.
Rédigé par: Lavomisse | 23 janvier 2007 à 15:59
De l'eau tiède, patate.
Continue a raconter des conneries comme ça, et tu es bon pour te rincer la bouche au decapant pour vernis.
Rédigé par: M'dame Jo | 23 janvier 2007 à 16:14
merci sir lavomisse pour ce post
de révolte indignée tout à fait partagée. Par contre, pourquoi
donc a-t-il fallu que cela dévie
sur l'hygiène intime???!!
Bon ça s'est arrêté à l'eau tiède,
heureusement...
Rédigé par: amos | 23 janvier 2007 à 17:27
Hélas, Amos... Sache que je regrette autant que toi qu'une partie de mon lectorat, d'ordinaire composé de gens de qualité, raffinés et brillants, ait l'indélicatesse extrême de s'administrer des lavements en public. Alors que les enfants ne son pas même couchés.
Je pense qu'il doit y avoir de l'alcool là-dessous. Ou même de la drôge. Beaucoup de la drôge.
J'aurais moi aussi bien aimé poursuivre la discussion sur des sujets de société plus sérieux, mais - mille fois hélas - les cancres du fond de la classe en auront décidé autrement. Nul doute qu'ils encourront le courroux du Tout-Puissant lorsque viendra le Jugement dernier qui les condamnera à la corvée de vaisselle.
M'dame Jo> Ce n'est pas une patate, mais une poire. Poire à lavements. C'est comme ça qu'on dit.
Rédigé par: Lavomisse | 23 janvier 2007 à 17:47
C'est vrai, revenons à des choses plus sérieuses. D'ailleurs quoi de plus sérieux qu'une encyclopédie?
Une encyclopédie, c'est gai, c'est frais, c'est enrichissant tout en pouvant nous amuser (voir les scores au geektest).
Une encyclopédie, c'est le savoir, la connaissance, et le sérieux.
Ainsi, je ne peux résister à l'envie de partager avec vous un moment gai, rafraichissant, enrichissant, mais aussi sérieux:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lavement
Ah, c'est beau la connaissance!
Amis de la culture, bonsoir!
Rédigé par: Mamag | 23 janvier 2007 à 19:20
Très pertinente intervention qui souligne, s'il fallait encore le démontrer, qu'il en va du savoir comme de l'argent: ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.
Rédigé par: Lavomisse | 23 janvier 2007 à 19:59