Au travail, on est sur le point d'acquérir une importante installation (dont tu n'as pas besoin de connaître les détails) de plusieurs centaines de milliers de francs, qui fera prochainement l'objet d'un appel d'offres.
Bal des commerciaux qui essaient de te convaincre qu'ils sont les meilleurs et qui terminent leur présentation en dégueulant sur leurs concurrents potentiels (en faisant ça, ils sont un peu cons, car non seulement cela donne une impression assez moyenne - quand on est vraiment le meilleur, on n'a pas besoin de ça pour se distinguer - mais ils me filent aussi des informations très intéressantes quant à leur positionnement par rapport à la concurrence...).
Après avoir subi la corporation ces derniers jours, j'en tire les conclusions suivantes:
- les vendeurs, quel que soit le produit qu'ils cherchent à te fourguer - qu'ils soient endimanchés comme des pingouins ou pas - ont un phrasé, une façon de parler et des gestes qui sont les mêmes.
- Un pourcentage important de vendeurs portent une gourmette (si!) avec leur prénom gravé dessus (sans doute parce qu'ils ont tendance à oublier comment il s'appellent?). Celui de ce matin se prénommait Rodolphe. Sans faute d'orthographe sur la gourmette, ce qui est étonnant.
- Ils aiment visiblement ponctuer leur discours de locutions anglaises déclinées avec l'accent du cru: "Ze show musteu go'onne" (entendu ce matin !) pour essayer de fédérer l'auditoire.
- Certains pensent que le fait de recourir à des expressions terrain permet de bétonner la chose et de mettre tout le monde d'accord: "Oui, on peut parfaitement implémenter cette fonctionnalité dans le soft en l'adaptant. Au niveau coûts, oh, on va dire que c'est un pet dans l'eau".
Par charité humaine, je passerai sous silence les manches de costards trop longues, ainsi que la couleur et les motifs des cravates...
Faudrait vraiment un jour pouvoir choper un vendeur et l'ouvrir au scalpel, pour voir comment c'est fait dedans.






Aaarghh... Je les déteste... En plus, ils ont toujours tendance à te parler comme à un enfant ou un handicapé mental, en prononçant bien chaque syllabe histoire d'être sûr que tu aies bien compris les avantages qu'il y a à collaborer avec eux. Beurk... Une fois, on m'avait dit:
"- Et si vous commandez votre matériel de bureau chez nous, vous pourrez appeler nos collaborateurs par leur prénom; c'est sympathique non?".
Ah ben ouais, super. Et le w-end vous organisez des sorties? Parce que bon, comme j'ai pas d'amis... Non? Tant pis, c'est déjà bien cool de pouvoir parler à des gens au téléphone en les appelant par leur prénom. Trop classe.
Rédigé par : ourse | 09 février 2007 à 15:21
Moi j'aurais dit "appeler les collaborateurs par leur prénom ne me suffit pas, pour que ce soit "vraiment sympathique", je dois pouvoir frotter mon corps contre le leur, un peu comme ça, je vais vous montrer, attends".
(le mec se tire en courant)
"Oh, M'sieur, te barre pas, M'sieur, reste pour la démo!".
Rédigé par : Lavomisse | 09 février 2007 à 15:30
Le monsieur que j'avais en face de moi ne donnait pas vraiment envie de se frotter à lui... Et je ne suis pas sûre que ce soit le genre d'attitude qui l'aurait fait fuir. Sinon, c'est ce que j'aurais fait. Mais alors sans hésitation aucune.
Rédigé par : ourse | 09 février 2007 à 15:35
Les seuls vendeurs qui se pointent chez moi, ils veulent me fourguer du matériel de labo super sophistiqué. Normal, je bosse dans un labo. Un jour, alors que l'un d'entre eux tentait de me vendre un incubateur et qu'il était très précis dans les termes scientifiques, je lui demande sa formation : docteur en biologie.
C'est malheureux d'avoir passé 4 ans à faire de la recherche et finir VRP. Je veux pas que ça m'arrive !! Je ne dormirai plus jamais pour pouvoir travailler un maximum !
Rédigé par : Lakshmi | 09 février 2007 à 17:33
Lakshmi> Au moins, ton VRP à toi, il ne faisait pas *semblant* d'y connaître quelque chose... Mon spécimen, quand j'ai commencé à poser quelques questions un peu techniques sur les fonctions de son soft, il moulinait méchamment dans la choucroute ;)
Rédigé par : Lavomisse | 09 février 2007 à 21:59
nous ici on risque d'en avoir un de vendeur de cuisine pendant 5 ans à la tête du pays
mais je ne pense pas qu'il va vouloir qu'on lui regarde dedans pour voir comment il est fait à l'intérieur
on va rester sur notre faim de ce fait...
Rédigé par : dragibus | 09 février 2007 à 23:04
Il sait faire à bouffer, Sarko?
A part les paniers à salade garnis, j'entends? ;)
Rédigé par : Lavomisse | 10 février 2007 à 10:40