Entre les trolleybus et moi, c'est une histoire d'inimitié de 30 ans. J'ai toujours détesté devoir entrer dans une de ces boîtes en acier munies de roues et d'une perche qui déraille à chaque virage négocié avec un peu trop d'aplomb. Surtout aux heures de pointe.
Quand tu entres dans un trolley-bus et que tu mesures plus de 1m90, tu n'as pas l'embarras du choix. Tu n'as que l'embarras tout court: 50% des places sont trop petites pour que tu puisses espérer y caser tes cannes. Donc tu choisis de rester debout dans cet écosystème fait d'air trois fois pété et deux fois roté, avec une note finale de transpi, souvent déjà à 8h du matin. Sauf qu'avec la topographie de Lausanne, rester debout signifie que ta course va forcément prendre des airs de rodéo. Donc tu finis par te tenir aux barres de sécurité.
Et c'est là que ton voyage merveilleux t'élève vers les cimes du bonheur: les barres de sécurité sont tellement ointes de sébum à force d'avoir accueilli mille mains sans jamais avoir vu l'ombre d'un torchon, que tu finis forcément par avoir des mains qui fientent. Du reste, ce serait intéressant de passer ses mains au microscope après avoir pris le bus. Je me demande si les mille traces d'urines différentes esquissent une farandole avec les bactéries d'origine fécale qu'on pourrait y voir. Et je t'épargne le reste, parce qu'on est lundi. Un lundi de début de semaine de surcroît, ce qui n'est déjà pas facile en soi.
S'ajoute à cela que lorsque je prends le bus, il y a très souvent de l'animation: entre l'hystérique en pleine descente de neuroleptiques qui harangue les passagers en passant d'un bout à l'autre de la cabine comme un lion en cage et le pochard qui parle à ses cabas remplis de bière (véridique), tu ne vois pas passer le temps. Heureusement, jamais personne n'a eu l'idée de venir jouer de la guitare dans le bus. Je pense qu'avec les virages et les montées qu'on connaît à Lausanne, l'espérance de vie d'une guitare avoisinerait les 20 secondes chrono. Bon, je dois avouer que l'idée d'une Cuccaracha ou d'un The Girl from Ipanema se terminant par un grand fracas de bois et un chapelet d'injures me plairait assez.
Un jour, je te parlerai des conducteurs de trolleys. Qui entretiennent un rapport schizophrénique avec leur clignotant: ils le mettent à gauche quand ils tournent à droite, le laissent sur deux kilomètres. Très agréable quand tu es juste derrière.
Oui, je sais, tu ne m'apprends rien: je peux être un peu pénible parfois. J'en suis navré. Mais je ne changerai rien.






Et bien remonte donc dans ta bagnole ou sur ton scooter qui certes t'offre la liberté et l'individualité, mais accessoirement t'offre aussi une réduction du délai de vie via les déjections de gaz que tu produit... mais c'est vrai que la propreté des mains aussi est importante, et le transport public est un grand vecteur de maladies contagieuses qui font bien plus de ravages sur ton bien-être personnel que la pollution de l'air et (accéssoirement) le réchauffement climatique.
Bref, fais du vélo, vas-y à pieds et arrête de râler!
J'dis ça j'dis rien...
Rédigé par : Mamag | 25 juin 2007 à 13:10
ohoh! le papy!!
Rédigé par : maaa | 25 juin 2007 à 13:14
Cher Monsieur Lavomisse, mais pourquoi donc passer les mains au microscope? Une étude (avec prélèvements) a déjà été faire sur les cacahuètes qu'on trouve dans les cokctails, après le passage de quelques pique-assiettes. Le résultat est édifiant. On trouve un pourcentage de streptocoques fécaux qui feraite palir de jalousie les égoûts de n'importe quelle ville.
Moralité: venez avec vos propres( c'est le cas de le dire) amuse-gueules.
Rédigé par : Jojo Lapin Le Roi des Malins | 25 juin 2007 à 13:20
Mille excuses pour les dérapages sur mon clavier...
Rédigé par : Jojo Lapin Le Roi des Malins | 25 juin 2007 à 13:20
MDR! C'est tellement vrai! Enfin une analyse pertinente des transports publics lausannois. On attend impatiemment la suite consacrée aux conducteurs...
Rédigé par : Ronchon | 25 juin 2007 à 13:47
Le meilleur moment pour prendre les TL : un matin de canicule lorsqu'il fait déjà 30°C à l'ombre. Un pur moment de bonheur! Le p'tit déj' vite ingurgité est aussi vite régurgité, tes qui yeux pleurent et piquent sous l'effet du fumet agressif des aisselles de ton voisin (et il n'y en a rarement qu'un...) sans oublier les haleines fétides et autres pestilences...
Au risque de passer pour un sinistre individu, je préfère largement utiliser ma voiture qui pollue et même respirer ses gaz d'échappements (plutôt que ceux qui proviennent des autres usagers).
Rédigé par : Le singe | 25 juin 2007 à 13:59
Le singe a raison: il fait une chaleur semblable à deux rats copulant dans une chaussette en laine dans ses bus. A défaut d'air climatisé, on aurait au moins pu examiner la possibilité de ventiler correctement les bus.
Le seul transport public que j'apprécie est le train. Mais en première. A cause des jambes pour commencer. Et aussi parce que les gens y sont presque fréquentables.
Rédigé par : Lavomisse | 25 juin 2007 à 14:36
Lavomisse > Et aussi parce que les gens y sont presque fréquentables.
La plèbe de la 2ème classe s'est cotisée pour t'offrir des sapins pue-bons au patchouli. T'en as pour au moins 17 ans...
Rédigé par : Mamag | 25 juin 2007 à 14:51
Je préfèrerais, Madame, que la plèbe se contentât d'acheter du savon au lieu de se ruer sur les arbres magiques. Cela permettrait d'éviter que la dégustation d'un filet aux morilles acompagné d'un Gevrey-Chambertin 1984, exercice auquel je me livre d'ordinaire avec un certain bonheur sur un Lausanne-Paris, ne fût troublée par les remugles pouilleux de la piétaille qui s'insufflent sous la porte.
Rédigé par : Lavomisse | 25 juin 2007 à 15:10
Dès l'aube, un bus bondé ne saurait constituer un bon début. C'est trop laid.
Rédigé par : Le pois chiche noir | 25 juin 2007 à 18:47
Quelle chochotte ! Figure-toi que pendant mes études on a mis en culture dans les boites de pétri plusieurs échantillons provenant de plusieurs endroits y compris les trolley-bus. Eh bien laisse-moi te dire que c'est plus propre que certaines eaux du robinet, peu de bactéries fécales y ont été découvertes. Par contre les poignées interieures des portes des toilettes sont un vrai bouillon de culture car les gens en se lavant les mains trop brièvement ne font que décoller les bactéries des mains et les déposer sur la poignée. Tu vas faire quoi maintenant ? Pisser dans ta voiture ?
Rédigé par : Lakshmi | 26 juin 2007 à 17:29
Pour quelqu'un qui parle constamment pipi caca, j't'aurais plutôt imaginé léchant les barres, nous faisant le rapport détaillé de son astringence.
Rédigé par : Solm | 26 juin 2007 à 22:15
Je me rends à mon travail en bus.
Je suis devenu un expert pour ne JAMAIS toucher quoi que ce soit dans un bus (et quand bien même dès mon arrivée au bureau ou chez moi, je pars me laver les mains direct mais je suis un tantinet psychopathe).
Et bon je mesure dans les 173 cm donc j'arrive plutôt facilement à me caser sur les sièges.
Effectivement en ce qui concerne les émanations diverses et variées (voir même avariées), je ne comprends pas. Il doit y avoir des filtres spéciaux qui gardent uniquement les mauvaises odeurs.
Rédigé par : Vésicule utilitaire | 28 juin 2007 à 17:49
Vésicule> les filtres qui gardent les mauvaises odeurs, c'est les habits que les gens ne changent pas. Surtout les gens corpulents. Les gros. Il faudrait faire une chasse aux gros dans les bus. Déjà parce que leur bilan d'occupation de la surface est désastreux.
Un gros, ça devrait payer une majoration. Comme quand tu montes avec le vélo dans le bus. Ou avec une valise. Parce qu'un gros, c'est parfois bien plus chiant à bouger qu'une valise. Surtout quand ça commence à baver et à faire une crise cardiaque dans le bus. Ou une embolie graisseuse.
Il y a 15 jours, une dame très obèse m'est tombé dessus dans le bus parce qu'elle ne gérait pas l'effet de l'accélération du bus sur sa masse. Elle est tombée sur moi et s'est retenue sur mes pectoraux (j'étais assis). C'est véridique.
J'aurais pu mourir étouffé. Ou devenir fou.
Je n'ai pas encore très bien digéré cette humiliation. Ce qui fait que je regarde parfois le pont Bessières avec envie.
Rédigé par : Lavomisse | 28 juin 2007 à 20:08
Au cas où ce fameux pont deviendrait une obsession, je loue des escabots tous les week-end en entre 1h et 3h du mat' du côté de l'Evêché. Parce-que depuis qu'ils ont surélevé les barrières, n'enjambe pas qui veut...
N'hésite pas à venir me voir, les folies sont les seuls choses que l'on ne regrette jamais!
Rédigé par : Le singe | 29 juin 2007 à 08:49
Ta sollicitude t'honore, le jeune. Mais vu ma taille et ma condition physique, je pense que les barrières en place ne constitueraient aucunement un obstacle insurmontable.
Tout au plus un point d'appui pour exécuter une figure de style.
Car s'en aller avec style et panache est promordial.
Rédigé par : Lavomisse | 29 juin 2007 à 09:35
Il paraîtrait que tu es grand, juste. J’ai omis ce détail… Bah au moins les plus courts sur pattes sauront qu’il existe une solution adaptée à leur taille.
Le problème majeur dans le choix du pont, c'est qu'une fois en bas éclaffé comme une mouche, style et panache ne sont plus vraiment de mise. Et se faire ramasser à la petite cuillère, ça manque totalement de classe...
Mais bon, à part les escabots, j'fais aussi des photos "finish" du saut (CHF 10.- en noir/blanc et CHF 15.- en couleur) afin de capter toute la splendeur du geste. Payable à l'avance uniquement...
Rédigé par : Le singe | 29 juin 2007 à 10:04
Il n'y a pas que les gros qui suintent de l'odeur putride. Les petits vieux également (qui évidemment n'ont rien à foutre de leur journée et prennent le bus aux heures de pointe).
Sinon hier soir, je suis monté dans un bus ... climatisé ! Trop bien. Sauf que j'avais froid déjà avant de monter dans le bus, alors arrivé dedans je devais ressembler à Mike Horn après la traversée du pôle nord.
Rédigé par : Vésicule tout terrain | 29 juin 2007 à 13:23
Cher Monsieur Lavomisse
Nous avons le même problème à Paris (France) surtout avec l’arrivée massive de la plèbe planétaire. J’avais envisagé de vous en faire-part depuis longtemps (7 mois) mais je n’avais pas réellement de conclusion satisfaisante afin d’éradiquer cette contagion. Après moult réflexion la meilleure solution finale envisageable serait la karcherisation afin de se débarrasser des jeunes et des vieux, des gros et des grands encombrant inutilement les places dans les transports publics, ainsi il ne resterait plus que les cons !
Qu'en pensez-vous ?
Le Misanthrope.
Poste Scriptum : Exceptionnellement solidaire des propos de Vésicule tout terrain.
Rédigé par : Le Misanthrope | 10 février 2008 à 10:35