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30 juin 2007

Notre atelier "Parlez-vous 'assureur'"?

J'ai toujours considéré les assureurs comme constituant la plus grande congrégation d'escrocs avec les vendeurs de voiture. Si l'enfer existait (depuis la mort de Gide on sait que ce n'est pas le cas), les deux corps de métier se disputeraient âprement les meilleures places.

Hier soir, je triais mon courrier quand je suis tombé sur une lettre de Monsieur Visa. C'est tellement cliché que je ne pouvais pas garder ça pour moi. Extrait [et là, tu cliques sur la image dessous là pour qu'elle s'affiche sur le écran et tu lis]:

Visa_3

J'adore. J'adore parce que c'est un fidèle aperçu de la dialectique enseignée dans les centres d'élevage d'assureurs. La méthode est simple, car le discours s'articule toujours autour de 3 axes que nous allons étudier ici:

  1. Faire copain-copain avec le client-pigeon [de Cher Monsieur à tous les jours] pour endormir sa vigilance. Il faut choisir des sujets généraux, fédérateurs, positifs, qui mettent tout le monde d'accord.
    Registre à utiliser: la vie, le beau temps, les saisons qui passent. Voire les pipes au riz ou les bains de siège de Rika Zaraï.
           
  2. Instiller la peur en faisant sortir le client-pigeon de sa zone de confort [de Mais qui paiera à invalidité]. Il faut évoquer des images très désagréables afin de faire naître dans les yeux du client-pigeon la même lueur de peur que celle que l'on retrouve dans le regard torve des porcelets en route pour l'abattoir.
    Registre à utiliser
    : le spectre du chômage et de la ruine, la flétrissure publique, la dégringolade de l'échelle sociale, l'impotence, les accidents et la maladie. Voire le passage en boucle de l'intégrale des Coups de Queue Coeur d'Alain Morisod.
                
  3. Voler au secours du pauvre client-pigeon en sortant un lapin de son chapeau [dernier paragraphe]. La capacité de jugement du client ayant été très ébranlée par le point 2, n'importe quelle proposition sera assimilée à une bouée de sauvetage (le truc que j'aime beaucoup dans le dernier paragraphe, c'est qu'ils te disent en gros: "grâce à cette solution de prévoyance, hey, tu seras peut-être toujours en fauteuil roulant ou dans un poumon d'acier, mais tu pourras "[...] continuer à prendre la vie du bon côté et à utiliser [ta] carte VISA Miles & More". Elle est pas belle la vie?
    Registre à utiliser: primesautier, happy-end. Revenir à l'ambiance confortable du début du point 1 en montrant que la solution permet d'éviter les affres du point 2. Suggérer au lecteur qu'il est beau et qu'il pisse vraiment vachement loin.

Dans sa réponse à l'assureur, le client-pigeon vouera un soin tout particulier à respecter à son tour cette dialectique en 3 points, afin que le contenu de sa lettre soit bien assimilé par l'assureur:

  1. Faire copain-copain avec l'assureur: "Hey, ma couille, t'as vu comme il fait beau? Un vrai temps pour faire des grillades le soir, entre amis. Et puis dis, c'est bientôt les vacances avec la petite famille, les enfants. Cool, pas vrai?".
                
  2. Instiller la peur en faisant sortir l'assureur de sa zone de confort: "Dis voir, dans ta lettre que tu m'as envoyée, j'ai eu la désagréable impression que tu me prenais pour un peu pour un con. Et ça, j'aime moyen. Imagine un peu ce qui arriverait si tu m'envoyais une nouvelle fois un courrier pareil, dans une semaine ou un an. Tu comprends que je me verrais dans l'obligation de te châtrer avec une pince-monseigneur rouillée et de te faire bouffer tes glaouis. Avant de te scier le menton avec un bambou et de te briser les genoux et les coudes à la barre à mine. C'est du tout moche, hein?"
                      
  3. Voler au secours du pauvre assureur en sortant un lapin de son chapeau: "Comme je sais que tu es un garçon raisonnable et que tu ne veux pas d'histoires, je sais que je ne vais pas devoir en arriver à de tels extrêmes. Aussi suis-je prêt à te faire une offre magnanime que tu ne pourras pas refuser: tu enlèves mon adresse de ta banque de données et tu crédites fissa 10 patates sur mon compte VISA. Et on en parle plus, tu files faire tes grillades avec tes potes débiles et tu rejoins les autres familles cacas sur les embouteillages de l'autoroute des vacances. N'appelle pas la police ou je flingue tes gosses.".

Omettre les salutations à la fin de la lettre relèverait d'une impardonnable faute de goût. Aussi veillera-t-on à inclure un sobre "Je ne te salue pas, mon cochon: je te crache à la gueule" ou un plus raffiné "Très Auguste Flaque de pus, permets-moi d'être, de ta goujaterie notoire, le très humble et fidèle imitateur".

Facile.

29 juin 2007

Manque un bout (II)

Wrong chicken, wrong place, wrong time. And wrong food chain.

Just another Monday morning gone horribly wrong.

Manque un bout

Dommage que l'auteur de cette vidéo ait jugé utile d'amputer la fin de ces images.

En particulier ce passage où l'on voit Panzerdivision, le pit-bull câlin, faire basculer cet après-midi bucolique dans l'horreur sordide et glauque: ces images qui le montrent en train de croquer furieusement la tête d'un des oisillons, avant de filer, la truffe humide et le braquemard turgescent, se servir en bras et en jambes d'enfants dans l'école maternelle attenante.

On nous ment.

28 juin 2007

Hilfe - au secours - aiuto - help

Le Matin Dimanche a publié un article sur un programme que l'on peut télécharger gratuitement et qui permet à la webcam de reconnaître la tête de l'utilisateur. Pour éviter d'avoir à taper un mot de passe sur son ordi.

Seulement voilà, je n'ai plus cette adresse. Have you?

Merci plein.

Caramba, encore raté!

Les autorités sanitaires cambodgiennes viennent d'émettre une mise en garde contre l'utilisation de procédés de croissance pénienne, à la suite du décès d'un homme. C'est ici et c'est pas du joli.

Le monsieur, visiblement à la (Phohm) peine, se serait injecté de la lotion capillaire dans les corps caverneux de sa verge. Dans le fol espoir, on imagine, de voir croître sa mèche. Hélas, dite tentative s'est soldée par un échec cuisant dans la mesure où le malheureux en aurait conçu d'abominables souffrances. Au point de choisir de mettre un terme à son existence. En se pendant.

Moi, à supposer que je me retrouve un jour avec une seringue dans la quiquette - chargée jusqu'aux dents de lotion capillaire - je ne suis pas sûr que je prendrais le temps de choisir une corde, de faire un noeud, de trouver une poutre solide. Si je souffrais le martyre, j'opterais plutôt pour la défénestration. Ca me semble un brin plus logique. Et surtout nettement plus rapide, tout en restant socialement acceptable.

Sauf évidemment si tu crèches au rez-de-chaussée.

Ah, ça doit être ça: le malheureux habitait donc au rez-de-chaussée! L'article ne le mentionnait pas. C'est fou ce qu'on arrive à faire avec un peu de jugeotte.

C'est aussi la jugeotte qui me fait dire qu'il est illusoire de vouloir faire pousser un jonc avec de la lotion capillaire. C'est à peu près aussi con que de se mettre du fumier sur la tête pour espérer lutter contre une calvitie.

27 juin 2007

Le monsieur, la dame et le trou dans le mur

Nouvelle un peu triste ce matin, dans la mesure où - une fois de plus - l'ingéniosité n'est pas récompensée: un monsieur et une dame, incarcérés dans des cellules contiguës d'une prison du Missouri (USA), avaient entrepris de creuser un trou dans le mur mitoyen pour permettre à la dame de rejoindre le monsieur dans sa cellule. A l'aide d'un outil artisanal élaboré à partir d'une brosse à dents et d'un clou, les deux objets étant reliés par un fil de fer.

Pour dissimuler leur passage secret, les deux amants ont eu la géniale idée de recouvrir celui-ci d'un mélange de pâte à pancakes et de dentifrice, une masse ressemblant presque à s'y méprendre à du ciment. Presque. Parce que la supercherie a quand même été découverte. Et les autorités pénitentiaires ont immédiatement fait poser des plaques d'acier de chaque côté du mur. On répond à l'ingéniosité et à la poésie par la barbarie et une débauche d'acier. Triste. [Voir l'article]

Pour se (re)donner une contenance, le monsieur n'a désormais plus qu'à s'inspirer des pratiques de la Légion étrangère: reprendre sa brosse à dents pour confectionner un nouveau trou dans le mur. Moins large et moins profond. Et qu'il garnira de viande hachée, cette fois.

26 juin 2007

Arrête un peu de faire ta saucisse

Hotdog_324 Heures nous l'apprend: Takeru Kobayashi, le recordman mondial du nombre de hot-dogs avalés en un minimum de temps (53 hot dogs en 12 minutes) aurait été foudroyé par une arthrite de la mâchoire pour cause d'entraînement trop intensif. Kobayashi aurait déclaré qu'il ne pouvait pour l'instant ouvrir la bouche "qu'en cul de poule".

On se demande en cul de quoi sera sa bouche lorsqu'il aura appris que les hots dogs pourraient être à l'origine de nombreux cancers du colon. Parce que bon, c'est pas comme s'il n'en consommait que de temps à autre, non plus. Il fait quand même du 265 hot-dogs à l'heure, le monsieur. A 90g l'unité, ça nous met le quintal dans les 4 heures. Autant te dire que son colon voit passer les hot-dogs comme une vache voit passer les trains.

Cela dit, je ne lui souhaite bien évidemment rien de mal. Mais une réorientation s'imposerait peut-être.

Donc les enfants, si vous voulez absolument faire des concours de bouffe à la con, choisissez de bons produits qui vont aider votre petit corps à devenir grand et fort.

Comme la confiture de coings bio.

Qui a le bon goût de moins solliciter la mâchoire, de surcroît.

25 juin 2007

Miss(ed) again

Le quotidien 20 Minutes nous ressert une tournée de réchauffé pas cuit en se demandant si ce serait quand même pas chouette didon si une ancienne Miss devenait James Bond Girl.

On nous a déjà fait croire qu'Emilie Boiron allait y passer. Aujourd'hui, le quotidien gratuit demande à Lauriane Gilliéron (Miss Suisse 2005) et Xenia Tchoumitcheva (1ère dauphine de Miss Suisse 2006) si elles envisagent de donner la réplique à l'agent secret au service de Sa Majesté.

"Si on me le proposait, je serais bien sûr très intéressée! s’exclame Xenia Tchoumitcheva. Cela dit, je préférerais savoir avant si je suis le genre de femme qu’ils recherchent. Si c’est le cas, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour être choisie!".

Colossale erreur.

Un mot de mise en garde s'impose, les enfants: l'expérience montre que c'est justement quand on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour obtenir quelque chose qu'on risque, un beau matin, de se réveiller avec un puissant mal de cul.

Un trolley nommé désir

TrolleyEntre les trolleybus et moi, c'est une histoire d'inimitié de 30 ans. J'ai toujours détesté devoir entrer dans une de ces boîtes en acier munies de roues et d'une perche qui déraille à chaque virage négocié avec un peu trop d'aplomb. Surtout aux heures de pointe.

Quand tu entres dans un trolley-bus et que tu mesures plus de 1m90, tu n'as pas l'embarras du choix. Tu n'as que l'embarras tout court: 50% des places sont trop petites pour que tu puisses espérer y caser tes cannes. Donc tu choisis de rester debout dans cet écosystème fait d'air trois fois pété et deux fois roté, avec une note finale de transpi, souvent déjà à 8h du matin. Sauf qu'avec la topographie de Lausanne, rester debout signifie que ta course va forcément prendre des airs de rodéo. Donc tu finis par te tenir aux barres de sécurité.

Et c'est là que ton voyage merveilleux t'élève vers les cimes du bonheur: les barres de sécurité sont tellement ointes de sébum à force d'avoir accueilli mille mains sans jamais avoir vu l'ombre d'un torchon, que tu finis forcément par avoir des mains qui fientent. Du reste, ce serait intéressant de passer ses mains au microscope après avoir pris le bus. Je me demande si les mille traces d'urines différentes esquissent une farandole avec les bactéries d'origine fécale qu'on pourrait y voir. Et je t'épargne le reste, parce qu'on est lundi. Un lundi de début de semaine de surcroît, ce qui n'est déjà pas facile en soi.

S'ajoute à cela que lorsque je prends le bus, il y a très souvent de l'animation: entre l'hystérique en pleine descente de neuroleptiques qui harangue les passagers en passant d'un bout à l'autre de la cabine comme un lion en cage et le pochard qui parle à ses cabas remplis de bière (véridique), tu ne vois pas passer le temps. Heureusement, jamais personne n'a eu l'idée de venir jouer de la guitare dans le bus. Je pense qu'avec les virages et les montées qu'on connaît à Lausanne, l'espérance de vie d'une guitare avoisinerait les 20 secondes chrono. Bon, je dois avouer que l'idée d'une Cuccaracha ou d'un The Girl from Ipanema se terminant par un grand fracas de bois et un chapelet d'injures me plairait assez.

Un jour, je te parlerai des conducteurs de trolleys. Qui entretiennent un rapport schizophrénique avec leur clignotant: ils le mettent à gauche quand ils tournent à droite, le laissent sur deux kilomètres. Très agréable quand tu es juste derrière.

Oui, je sais, tu ne m'apprends rien: je peux être un peu pénible parfois. J'en suis navré. Mais je ne changerai rien.

23 juin 2007

Embryon de réponse

Voici une des raisons qui ont probablement dû pousser les Américains à larguer deux bombes atomiques sur le Japon.

Attention: ça permet de mieux comprendre. Mais ça n'excuse rien. Enfin pas tout.

Et si les Ricains avaient vu cette vidéo-là, la communauté internationale aurait probablement eu beaucoup de mal à échapper à un génocide nippon:

Le boss vient?

  • Sortie de secours vers un site bien comme il faut

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Tout, tout, tout