J'ai toujours considéré les assureurs comme constituant la plus grande congrégation d'escrocs avec les vendeurs de voiture. Si l'enfer existait (depuis la mort de Gide on sait que ce n'est pas le cas), les deux corps de métier se disputeraient âprement les meilleures places.
Hier soir, je triais mon courrier quand je suis tombé sur une lettre de Monsieur Visa. C'est tellement cliché que je ne pouvais pas garder ça pour moi. Extrait [et là, tu cliques sur la image dessous là pour qu'elle s'affiche sur le écran et tu lis]:
J'adore. J'adore parce que c'est un fidèle aperçu de la dialectique enseignée dans les centres d'élevage d'assureurs. La méthode est simple, car le discours s'articule toujours autour de 3 axes que nous allons étudier ici:
- Faire copain-copain avec le client-pigeon [de Cher Monsieur à tous les jours] pour endormir sa vigilance. Il faut choisir des sujets généraux, fédérateurs, positifs, qui mettent tout le monde d'accord.
Registre à utiliser: la vie, le beau temps, les saisons qui passent. Voire les pipes au riz ou les bains de siège de Rika Zaraï.
- Instiller la peur en faisant sortir le client-pigeon de sa zone de confort [de Mais qui paiera à invalidité]. Il faut évoquer des images très désagréables afin de faire naître dans les yeux du client-pigeon la même lueur de peur que celle que l'on retrouve dans le regard torve des porcelets en route pour l'abattoir.
Registre à utiliser: le spectre du chômage et de la ruine, la flétrissure publique, la dégringolade de l'échelle sociale, l'impotence, les accidents et la maladie. Voire le passage en boucle de l'intégrale des Coups deQueueCoeur d'Alain Morisod.
- Voler au secours du pauvre client-pigeon en sortant un lapin de son chapeau [dernier paragraphe]. La capacité de jugement du client ayant été très ébranlée par le point 2, n'importe quelle proposition sera assimilée à une bouée de sauvetage (le truc que j'aime beaucoup dans le dernier paragraphe, c'est qu'ils te disent en gros: "grâce à cette solution de prévoyance, hey, tu seras peut-être toujours en fauteuil roulant ou dans un poumon d'acier, mais tu pourras "[...] continuer à prendre la vie du bon côté et à utiliser [ta] carte VISA Miles & More". Elle est pas belle la vie?
Registre à utiliser: primesautier, happy-end. Revenir à l'ambiance confortable du début du point 1 en montrant que la solution permet d'éviter les affres du point 2. Suggérer au lecteur qu'il est beau et qu'il pisse vraiment vachement loin.
Dans sa réponse à l'assureur, le client-pigeon vouera un soin tout particulier à respecter à son tour cette dialectique en 3 points, afin que le contenu de sa lettre soit bien assimilé par l'assureur:
- Faire copain-copain avec l'assureur: "Hey, ma couille, t'as vu comme il fait beau? Un vrai temps pour faire des grillades le soir, entre amis. Et puis dis, c'est bientôt les vacances avec la petite famille, les enfants. Cool, pas vrai?".
- Instiller la peur en faisant sortir l'assureur de sa zone de confort: "Dis voir, dans ta lettre que tu m'as envoyée, j'ai eu la désagréable impression que tu me prenais pour un peu pour un con. Et ça, j'aime moyen. Imagine un peu ce qui arriverait si tu m'envoyais une nouvelle fois un courrier pareil, dans une semaine ou un an. Tu comprends que je me verrais dans l'obligation de te châtrer avec une pince-monseigneur rouillée et de te faire bouffer tes glaouis. Avant de te scier le menton avec un bambou et de te briser les genoux et les coudes à la barre à mine. C'est du tout moche, hein?"
- Voler au secours du pauvre assureur en sortant un lapin de son chapeau: "Comme je sais que tu es un garçon raisonnable et que tu ne veux pas d'histoires, je sais que je ne vais pas devoir en arriver à de tels extrêmes. Aussi suis-je prêt à te faire une offre magnanime que tu ne pourras pas refuser: tu enlèves mon adresse de ta banque de données et tu crédites fissa 10 patates sur mon compte VISA. Et on en parle plus, tu files faire tes grillades avec tes potes débiles et tu rejoins les autres familles cacas sur les embouteillages de l'autoroute des vacances. N'appelle pas la police ou je flingue tes gosses.".
Omettre les salutations à la fin de la lettre relèverait d'une impardonnable faute de goût. Aussi veillera-t-on à inclure un sobre "Je ne te salue pas, mon cochon: je te crache à la gueule" ou un plus raffiné "Très Auguste Flaque de pus, permets-moi d'être, de ta goujaterie notoire, le très humble et fidèle imitateur".
Facile.







Pourquoi as-tu effacé le GOLD?
Et est-ce que la gentille lélettre de l'assureur est plus mieux bien quand ta carte est gold?
Moi je me pose la question.
Rédigé par : Vilaine curieuse de Mims | 30 juin 2007 à 17:25
Mais j'y pense... c'est peut être platine que tu as effacé.
Hum c'est pas que ça change qqch pour moi, c'est juste que je suis une putain de curieuse!
Bon je t'en voudrais pas si tu me le dis pas. CAP?
Rédigé par : Tjrs la curieuse de Mims | 30 juin 2007 à 17:29
>Mimis. Peut être que monsieur Lavomisse paie en bronze et qu'il en retire une gêne certaine. Allez savoir.
Rédigé par : lafouine | 30 juin 2007 à 19:45
Mims> J'ai effacé pour pouvoir tester la fonction 'mosaïque' de Photochcope
Lafouine-vonbibi> L'inconvénient avec le bronze, c'est qu'avant de pouvoir passer à la caisse, il faut d'abord aller le couler. Ce qui n'est pas toujours aisé.
Rédigé par : Lavomisse | 30 juin 2007 à 20:03
Une pipe au riz o_O ? Je ne connaissais pas... J'ai l'impression d'être aussi naïf qu'un pauvre bougre à qui on aurait dit qu'il n'existait pas que le missionnaire dans la vie.
Plus jamais je ne verrai un pot de riz au lait du même oeil.
Rédigé par : Anceps | 01 juillet 2007 à 19:09
Non pas du riz au lait. Du riz. Cuit. Servi chaud.
Enfin du riz prêt à être mangé, quoi.
Je suis pas un extra-terrestre ou bien?
Rédigé par : Lavomisse | 01 juillet 2007 à 19:42
Je précise que pour des raisons évidentes, il peut être indiqué de ne pas trop forcer sur les condiments.
Spécialement les piments. Faut les laisser dans l'armoire, les piments.
En même temps, chacun fait comme y veut.
Rédigé par : Lavomisse | 01 juillet 2007 à 19:48
J'entends bien (même si j'ai lu ailleurs que le riz cru pouvait satisfaire les amateurs de sensations exotiques -- et que le risotto au bolet pouvait transmettre des champignons).
Alors pour préciser ma pensée, disons simplement qu'il faut focaliser sur la fin de la gâterie... et voilà le riz au lait !
Tout le monde a compris, ou bien il faut que je recommence ?
Donc, comme je le disais, vraiment plus du même oeil, mon riz au lait.
Rédigé par : Anceps | 01 juillet 2007 à 20:55
Du riz à la crème double donc, je dirais.
Un crème que l'on veillera à battre à la main. Car il en va en cuisine comme en mécanique automobile: les finitions se font toujours à la main.
C'est même à ça qu'on reconnaît un grand maître-queux.
Rédigé par : Lavomisse | 01 juillet 2007 à 21:56