J'aime les surprises. Surtout dans une assemblée de plusieurs centaines de personnes, quand on prononce ton nom et te demande de venir sur scène. Alors que - comme tu ne t'attendais à rien - tu es allé t'asseoir comme un con bien au milieu d'une salle dont les sièges sont aussi serrés que ceux d'une salle de cinoche. Evidemment, tu mets trois plombes pour t'extraire de ta place, écraser les pieds de tout le monde avec ton 46 fillette et rejoindre le monsieur qui t'attend, tout là-bas, un micro à la main. C'est long, surtout quand personne ne parle.
On m'a donné un énorme bouquet de fleurs et dit des tas de choses gentilles.
Charmante attention, certes. Sauf que le bouquet en question devait peser 2 kilos tout mouillé et que j'ai pu le ramener à l'hôtel à pied. En traversant la ville. En costard. Je peux te dire que ça a bien ricané sur mon passage.
Quelques heures plus tard, le room service de l'hôtel vient livrer des cadeaux d'un sponsor dans ma chambre. Une bouteille de Veuve Clito et une bouteille d'eau-de-vie.
Re-charmante attention, certes. Sauf que je suis venu en train et que 3 bonnes heures séparent l'hôtel de mon appart. Et que j'étais déjà chargé comme une mule en arrivant. Une appréciation de la situation m'a vite fait comprendre que le moment était venu d'opérer une pesée des intérêts très froide afin d'arrêter un choix terrible face à ce dilemme cornélien tenu en place par un noeud gordien.
Comme tu me connais un peu maintenant, tu sais que je suis pétri de valeurs humanistes. J'aime partager, faire plaisir. Apporter un peu de joie et de bonheur autour de moi. C'est mon destin ici-bas. J'ai donc décidé de partager ce bouquet avec toi, ami(e) lecteur/trice. En publiant sa photo ici avant d'abandonner le bouquet à l'hôtel. Comme on abandonnerait un chien sur l'autoroute des vacances. Un crève-coeur.
Je me console un peu en me disant qu'une photo est le moins mauvais des compromis possibles: une photo présente le double avantage de rendre immortel ce magnifique bouquet, tout en me permettant d'en faire profiter ceux qui, comme toi, me sont chers.
Et surtout: j'ai maintenant suffisamment de place pour ramener le champagne et la gnôle dans ma valoche. Mwahaha.
Chose promise, chose due. Je te présente Jean-Kevin le bouquet:
Je sais ce que tu vas dire: je suis trop bon et tout. Je n'aurais pas dû. Mais oui, t'as pas tort, évidemment. Mais moi je suis comme ça, caisse-tu-veux.







comment ça, un sponsor?
Rédigé par : raph | 22 septembre 2007 à 14:27
Oui un sponsor. Très jaune et très géant.
Rédigé par : Lavomisse | 22 septembre 2007 à 17:09
T'as gagné le concours de Miss Univers ?
Rédigé par : karaz | 22 septembre 2007 à 20:06
Miss Univers en 46 ?
Rédigé par : TT02 | 22 septembre 2007 à 23:44
TT02> Les circonstances commanderaient que je te méprise cordialement. Mais non, je t'aime bien. ;)
Rédigé par : Lavomisse | 23 septembre 2007 à 02:52
tu as osé abandonné Jean-Kevin à l'hotel... honte à toi Monsieur Lavomisse ;-P tu aurais pu me le faire livrer ! :-)
Rédigé par : vivine | 23 septembre 2007 à 14:42
Oh que non. Car abandonner un bouquet aussi magnifique à la flétrissure, c'est un geste superbe, immense qui permet le dépassement de soi. C'est du nihilisme à l'état brut.
Et le nihilisme refuse tout compromis, c'est bien connu.
;)
Rédigé par : Lavomisse | 23 septembre 2007 à 14:55
Ca me rappelle une histoire: une femme dit a sa copine de bureau:"ce week end, mon mari m'a offert des fleurs et j'ai été obligée de passer tout le week-end les jambes en l'air". Sa copine lui répond:"Pourquoi? t'as pas de vase chez toi?"
Oui, je sais, elle est élégante.
Mais, Monsieur, Lavomisse, à votre place je me méfierais... Parce que si un homme vous a offert des fleurs et vous a dit des choses gentilles devant plusieurs centaines de personnes, si c'est pas une demande en mariage en bonne et due forme, je ne m'y connais plus!
Rédigé par : Jojo Lapin Le Roi des Malins | 23 septembre 2007 à 20:39
Ah tu penses? Mince. Je peux être naïf des fois, moi.
Naïf, naïf, naïf!
Surtout que moi non plus, je n'avais pas de vase. Je n'ose pas imaginer la nuit que j'aurais passée si le concierge de l'hôtel ne m'en avait pas aimablement procuré un.
Rédigé par : Lavomisse | 23 septembre 2007 à 21:05
En même temps si dans un accès de folie intense tu avais néanmoins décidé d’abandonner les bouteilles dans ta chambre d’hôtel, j’aurais bien voulu voir la tronche du bouquet de fleurs après son séjour dans ta valise (et le sourire béat de la femme de ménage passant l’aspirateur avec une coupette de champagne).
PS : ces fleurs t’aimaient je crois (au vu de leurs membres turgescents surplomblant leurs corolles).
Rédigé par : Vésicule électrique | 24 septembre 2007 à 10:07
"Un inconnu vous offre un bouquet de fleurs"...comment as-tu pu renoncer à rôle immortel??
Rédigé par : P. Tomane | 24 septembre 2007 à 10:15
Vésicule> Mais... mais... tu es un dangereux psychopathe, toi!
PT> La pub c'était: "Un inconnu vous vide une poubelle sur la tête? C'est l'effet magique de Répulse".
Rédigé par : Lavomisse | 24 septembre 2007 à 13:02
Tout de suite les grands mots. Psychopathe. C'est pas parce que mon congélateur contient quelques membres découpés et disparates de femmes et de bébés qu'il faut me cataloguer direct.
Rédigé par : Vésicule en leasing | 24 septembre 2007 à 16:08
Pis t'aimes bien aussi t'enduire le torse de vieile Epoisses moulé à la louche, paraît-il. Normal.
Rédigé par : Lavomisse | 24 septembre 2007 à 17:14