en cette période de relativisme culturel inaugurée par un jack lang démago couinant à qui voulait l'entendre que "tout est culture"¬ n'importe quel imposteur peut désormais se proclamer artiste en suscitant par ce seul postulat l'admiration béate d'un public de philistins dénués de références et de repères/
pour se la péter artiste¬ il suffit d'enfiler un petit pull noir¬ de chausser des lunettes de graphiste {à monture noire en plastique}¬ de ne jamais sortir de chez soi pour conserver ce teint diaphane qui fait torturé¬ de ne jamais faire de sport pour rester chétif/ et de mettre une écharpe même en été¬ pour être certain de passer l'hiver malgré les carences en vitamines dues à un régime alimentaire essentiellement constitué de blinis/
ah¬ il est essentiel aussi ne pas savoir écrire¬ histoire de montrer qu'on s'affranchit totalement du monde qui nous entoure en faisant voler en éclats les carcans castrateurs d'une existence qu'on n'a pas choisie¬ j'veux diiiire¬ t'vois quoiii {achever cette phrase en tirant sur une clope¬ les yeux mi-clos¬ comme si on entrait en transe mystique}:
mesdames et messieurs¬ le standard café à lausanne///
je compte du reste bientôt y organiser un live happening avec mon collectif 'son et odeur' en y lâchant une caisse en public/ faut juste encore que je règle un ou deux trucs avec mon ingénieur du son venu de nyc {attends, j'allais pas faire appel à un mec d'ici quand même¬ t'es ouf¬ ça conférerait un côté bien trop province à ma démarche artistique¬ j'veux diiire quoi - re tirage sur la clope, les yeux mi-clos}/
les bristols d'invitation suivront/
du reste, ce billet est de l'art: si tu as bien vu, j'ai remplacé les points pas des "/" et les virgules par des "¬"
je tiens aussi à dire haut et fort que me refuserai par ailleurs d'utiliser des majuscules tant que fernando de san cristobal ne sera pas libéré/
je n'ai aucune idée de qui ça peut bien être¬ mais je trouve que fernando de san cristobal sonnait foutrement bien/







Ce qui serait vraiment bien, c'est que tu aies perdu un proche durant ton enfance, ce qui expliquerait que tu sois tourmenté et que tu souffres quotidiennement. Et aussi que tu aies eu de mauvaises notes en dessin en primaire, parce que tu étais déjà un incompris.
Rédigé par : Julien | 16 octobre 2007 à 09:11
Je suis très émue.
Je remplis certaines des conditions.
Mais je refuse la clope... Tout est gâché. Merde, fait chier...
Rédigé par : karaz | 16 octobre 2007 à 09:26
Julien> j'ai perdu un petit chat quand j'étais enfant. Il s'était fait manger par un renard. On avait mis ses restes dans une boîte et on l'avait enterré au fond du jardin. C'était immensément triste. Aujourd'hui, quand je vois des charniers aux infos de 20 Heures, c'est une douleur qui remonte. Je ne parle plus pendant en tout cas 15 minutes.
Et j'avais de super mauvaises notes en dessin, c'est vrai. Parce que je ne faisais que des comics pour faire rire mes camarades.
Je crois que j'ai un passé suffisamment lourd pour être crédible artistiquement, là ;)
Karaz> Tu dis ça uniquement parce que tu aimerais toi aussi pouvoir lâcher des caisses en public. Mais mon collectif et moi avons un brevet là-dessus.
Du reste, on va faire des produits dérivés avec ces happening pour thème: une ligne de parfums d'ambiance "E-vening fart" en spray. C'est un concept interactivo-participatif: on envoie un e-mail deux heures avant la perfo pour qui demande à chacun de sprayer des odeurs de flatulences chez lui, à une heure H.
A Paris, New York, Tokyo ou Berlin, chacun humera ainsi la même odeur au même moment. Et participera ainsi à une grande chaîne olfactive de l'Humanité qui transcendera les frontières, les langues et les idéologies pour donner à chacun l'impression d'être une particule épousant parfaitement la globalité d'un monde qui se rétrécit chaque jour davantage.
Sur chaque spray vendu, nous rétrocéderons 2 francs pour aider les enfants dyslexiques de l'île de Pâques.
Rédigé par : Lavomisse | 16 octobre 2007 à 09:30
(merci d'avance de rouler les >r< et d'accentuer l'intonation des voyelles quand vous lisez ce texte, ça en jette plus)
L’idée de mouvement artistique est obsolète pour l’art contemporain quel qu'il soit et qui préfère réinterpréter l’histoire de l’art, faire des croisements, et bouffer des blinis.
Rédigé par : Vésicule diplomatique | 16 octobre 2007 à 09:45
Vésicule> J'aime ton irrévérence. Tu as raison: le chic ultime consiste à faire caca dans une galerie d'art contemporain en disant "j'emmerde l'art".
Je suis certain qu'une ou deux personnes t'applaudiront. Il s'en trouvera même un(e) hystérique extraverti pour s'extasier "quelle audace, quelle outreucidance, quelle expérience de vie! Un Maître est né! Prosternons-nous devant cette oeuvre à la justesse si troublante".
Juste après, il boutera le feu à la galerie en se réclamant de ton influence. Je te conseille de barrer immédiatement, une fois ta coque posée. Tu te torcheras chez toi.
Rédigé par : Lavomisse | 16 octobre 2007 à 09:54
Quand tu intitules ton travail "virgule amnésique et coucher de soleil", je veux commencer par te féliciter car c'est une oeuvre sans compromis, sans faiblesse, d'une énergie et d'un courage immense. Visuellement, elle interroge tour à tour la psychanalyse de l'art et l'esthétique expérimentale, elle dissèque le lien entre art et nature pour démontrer la dimension métaphysique de l'expérience esthétique. C'est une nouvelle preuve de ton étonnante et éblouissante réflexion sur l'art et l'angoisse identitaire. Je souscris à la démarche, complètement...Bravo !
Rédigé par : Le pop | 16 octobre 2007 à 09:55
Oublie surtout pas la boutique de souvenirs, histoire de ramener à tante Agate une lampe berger fonctionnant aux flatulences de l'artiste. T'auras en plus la mention "feuille verte" pour ton action de chauffage écologique.
Rédigé par : gael | 16 octobre 2007 à 10:45
Je ne peux que m'incliner devant un CV si parlant! Je crois qu'on n'aura même pas besoin d'expérimenter tes oeuvres pour te consacrer en tant qu'artiste majeur.
Rédigé par : Julien | 16 octobre 2007 à 11:26
Espérons que le monde comprenne un jour que le seul véritable artiste résidant sur terre est notre cher Tancrède Lavomisse.
Le reste n'est que fioritures et dégueuli de suffisance...
Rédigé par : Loup Gris | 16 octobre 2007 à 11:30
Je n'aurais pas, cher Loup Gris, la prétention de m'appeler artiste, non.
J'aime par contre me considérer comme (tirage on ze clope), bien modestement (soufflage de fumée) comme un Architecte de Vécu(tm).
Si tu 'senses' bien toute le maelström d'émotions brutes que ce terme peut faire remonter à la surface.
Et là, j'ai envie d'aller chez les dentiste. Stuveux. Non pas parce que j'en ai besoin, non. Mais je vais le payer juste pour pouvoire rester une heure entière dans une salle entièrement blanche. Pour faire du re-birthing. Stveux.
Rédigé par : Lavomisse | 16 octobre 2007 à 12:00
Lavomisse> merci beaucoup du conseil. Dis-moi, le blinis ne constipe pas au moins ?
Rédigé par : Vésicule tout terrain | 16 octobre 2007 à 13:33
Ca dépend si tu l'ingères par la bouche ou par le cul, j'imagine.
Rédigé par : Lavomisse | 16 octobre 2007 à 14:11
Le Lavomissisme, pour ou contre? Un style qui passera tel un courant d'art.
Rédigé par : LolZ | 16 octobre 2007 à 14:48
Alors là, je suis bien déçu. Si l'on ne comprend rien à l'art, on évite d'en faire la critique.
C'est tellement simple d'afficher son mépris parce qu'on pense avoir trouvé une faute d'orthographe dans un descriptif ! Et pourtant, tel est pris qui croyait prendre : le connaisseur un tant soit peu ouvert à la culture alternative aura su reconnaître dans cette liberté littéraire le paradigme même de l'Art au sens d'un apport inconditionnel à la culture (dans le sens cette fois-ci ethno-anthropologique), par le truchement d'une vision mixte reliant la personnalité de l'artiste au "background" évolutif de cette même culture (et ce tout en évitant le cliché des valeurs communes).
Avec un peu plus d'attention, on peut en effet remarquer la présence d'une espace après l'apostrophe de "qu' à un publique". Ce vide n'est pas anodin et est justement présent pour rappeler l'éphémérité des concepts novateurs dans un contexte urbain, concepts auxquels se rapporte le mot "publique" qui est bien ici à prendre comme un adjectif plutôt qu'un nom. On découvre alors que l'accord attendu du pluriel masculin dans cette ellipse audacieuse est remplacé par un féminin singulier, ce qui montre que l'artiste a voulu insister sur la décatégorisation des genres -- en tant que profession de foi pour une liberté aux limites transgressibles --, et permet ainsi la réalisation de nouveaux idéaux qui ne sont pas sans rappeler le travail d'un Victor Hugo. Certes, la phrase perd alors tout sens, ce qui démontre encore une fois que c'est bien par la déstructurisation qu'on peut vraiment tendre au sublime, et que c'est ainsi que le standard café cherche à démocratiser la perception spirituelle des oeuvres modernes.
Dès lors, merci Lavomisse de respecter à l'avenir le travail sérieux des artistes injustement raillés.
Rédigé par : Anceps | 16 octobre 2007 à 14:48
J'allais oublier : si ton oeuvre est encore à vendre, je suis preneur jusqu'à concurrence d'un montant de 2 Francs 70 (prix du papier A4 et de l'encre d'impression inclus). Non seulement ça compléterait bien ma collection (qui se résume quand même pour l'heure à un superbe dessous de verre décoré), mais en plus je trouve ce tableau parlant : l'opposition dans cet équilibre précaire m'évoque des sentiments qui ne sont pas sans me rappeler ma première cuite.
Rédigé par : Anceps | 16 octobre 2007 à 14:56
Anceps> Toi tu fais la plaquette de ma prochaine expo. Tu ne dis ni oui, ni non, c'est tout vu.
J'appelle ton agent aujourd'hui même.
Rédigé par : Lavomisse | 16 octobre 2007 à 15:00
"Oui", "non", ce sont de toute façon des termes que je laisse aux suiveurs conventionnels en retard de deux modes. En tant qu'avant-gardiste, quand on me pose une question fermée, je réponds "semnopithèque".
Rédigé par : Anceps | 16 octobre 2007 à 15:11
Anceps> J'en ai marre des mots. Les mots sont des cages, la grammaire une Ilsa, chienne des camps SS. Je propose qu'on se parle dorénavant en utilisant le même orgue Bontempi que celui qu'ils ont utilisé dans le film "Rencontres du 3ème type".
Ca te va?
Rédigé par : Lavomisse | 16 octobre 2007 à 15:43
Je suis totalement consterné de cette absence de virgules, dont j'espère qu'aucune n'a été maltraitée pendant ce billet...
Rédigé par : arpenteur | 16 octobre 2007 à 15:54
Non, pas de maltraitance. Notre mouvement sublime la ponctuation. Du reste, je propose que dès aujourd'hui, on ne dise plus ponctuation, mais ponctuaison.
Pour aller vers encore plus de nihilisme syntaxique.
Rédigé par : Lavomisse | 16 octobre 2007 à 16:59
Un jour j'ai assisté à une performance, l'artiste creusait la terre à la recherche de ses origines. En creusant avec une pelle, des gros sons de flatulences étaient beuglés par une sono, sur la musique de l'internationale communiste...
...Le tout devant un conseil d'état au grand complet! (véridique!)
Le pire c'est que les cons applaudissaient!
Mais bon Zoltar connais pleins d'artistes, beaucoup ne sont pas comme ça...
Lavomisse est plein de préjugés, Lavomisse doit voter moutons blancs...
Rédigé par : Zoltar | 16 octobre 2007 à 18:26
...Lavomisse devrait visiter l'Ecal: une école pleine de poulettes, sans lunettes en plastique...
Mais bon, si Lavomisse à un joli petit cul, qu'il rase les murs...
Rédigé par : Zoltar | 16 octobre 2007 à 18:30
@Zoltar
Je ne sais pas qui entre vous et l'artiste aux flatulences fait preuve de plus de finesse ; je tiens à relever cependant que ce n'est pas parce que l'ECAL enseigne aussi la photographie qu'il faut faire dans le cliché éculé.
Rédigé par : Anceps | 17 octobre 2007 à 11:37
Cliché enculé?!
Vous êtes vulgaire mon cher Lavomisse...
La vérité est bien pire, mon ami...
La communication passe par la bouche, pas besoin d'en faire tout un cinéma. Ni d'être designer en sex toys, imagerie totalement cliché, voir impliquant une photographie mentale à tendance pchyco-rigide. L'art, en vérité procède d'une émotion liée avant tout à une activité sensorielle, visuelle...
Je crois que je n'ai oublié personne.
Vernissage et remise des diplômes 2007 de l'Ecal, mercredi 24 à la nouvelle Ecal, à Renens. Venez si vous osez...
De 17h30 à 20h30
Rédigé par : Zoltar | 17 octobre 2007 à 12:51
...portez une pancarte avec un grand "L".
Nous nous ferons plaisir de vous faire découvrir la performance, avec goudron et plumes. Et sacrifice de volaille, bien entendu...
Rédigé par : Zoltar | 17 octobre 2007 à 13:00
Zoltar, est-ce que tu es certain que c'est bien du sucre que tu as mis dans ton café ce matin. Et pas de la poudre qui endort l'intérieur du nez et les gencives??
Rédigé par : Lavomisse | 17 octobre 2007 à 14:23
Du sucre dans le café, quelle horreur!
Vous avez des idées bien perverses...
C'est comme votre phobie des lunettes carrées; ça commence comme ça et après on se ballade la nuit avec une hache, à la recherche de porteurs de ce futile accessoire...
Quand à la poudre qui endort, elle est de si piètre qualité de nos jours...
Rédigé par : Zoltar | 17 octobre 2007 à 15:20
@Lavomisse : quel bien bel exemple pour la jeunesse de parler de c'te cochonnerie... Non, franchement, j'te félicite pas. Vade retro satanas!
@Zoltar : tu trouves aussi?
Rédigé par : Le singe | 17 octobre 2007 à 16:02
@u singe:
Lavomisse n'a aucune morale, si ce n'est une morale d'égoût...
Mais pardonnons-lui: c'est un homme avec de grosses responsabilités qui se doit d'être performant...face au petits jeunes aux dents longues. C'est que Lavomisse n'est plus de toute première fraîcheur!
J'espère juste qu'il planque ses pacsons, histoire que le gamin Lavomisse ne lèche pas la poudre qu'il y a dedans.
Rédigé par : Zoltar | 17 octobre 2007 à 16:16
Rien du tout: Lavomisse a des principes. Un but. Une ligne de conduite.
Une ligne.
Ffffffft (bruit de reniflage).
Rédigé par : Lavomisse | 17 octobre 2007 à 16:34
@Zoltar : j'espère aussi qu'il cache bien sa dope. Mais un homme tel que Lavomisse ne doit pas laisser traîner cela dans un pacson, il se doit d'avoir la classe.
Donc je suppose qu'il doit avoir une petite fiole ou autre, si possible en argent, qu'il planque dans la poche intérieur de sa veste avec une petite cuillère et une paille du même alliage. La classe même dans la débauche...
@Lavomisse : tu vois? Ca transparaît même dans tes écrits tellement le mal te ronge de l'intérieur. Quelle tristesse d'être tombé aussi bas, plus bas que terre même. Remarque, pour un homme d'égout, quoi de plus normal, non?
Rédigé par : Le singe | 17 octobre 2007 à 16:44