16 octobre 2007

arty-farty

Virguleen cette période de relativisme culturel inaugurée par un jack lang démago couinant à qui voulait l'entendre que "tout est culture"¬ n'importe quel imposteur peut désormais se proclamer artiste en suscitant par ce seul postulat l'admiration béate d'un public de philistins dénués de références et de repères/

pour se la péter artiste¬ il suffit d'enfiler un petit pull noir¬ de chausser des lunettes de graphiste {à monture noire en plastique}¬ de ne jamais sortir de chez soi pour conserver ce teint diaphane qui fait torturé¬ de ne jamais faire de sport pour rester chétif/ et de mettre une écharpe même en été¬ pour être certain de passer l'hiver malgré les carences en vitamines dues à un régime alimentaire essentiellement constitué de blinis/

ah¬ il est essentiel aussi ne pas savoir écrire¬ histoire de montrer qu'on s'affranchit totalement du monde qui nous entoure en faisant voler en éclats les carcans castrateurs d'une existence qu'on n'a pas choisie¬ j'veux diiiire¬ t'vois quoiii {achever cette phrase en tirant sur une clope¬ les yeux mi-clos¬ comme si on entrait en transe mystique}:

Sc

mesdames et messieurs¬ le standard café à lausanne///

je compte du reste bientôt y organiser un live happening avec mon collectif 'son et odeur' en y lâchant une caisse en public/ faut juste encore que je règle un ou deux trucs avec mon ingénieur du son venu de nyc {attends, j'allais pas faire appel à un mec d'ici quand même¬ t'es ouf¬ ça conférerait un côté bien trop province à ma démarche artistique¬ j'veux diiire quoi - re tirage sur la clope, les yeux mi-clos}/

les bristols d'invitation suivront/

du reste, ce billet est de l'art: si tu as bien vu, j'ai remplacé les points pas des "/" et les virgules par des "¬"

je tiens aussi à dire haut et fort que me refuserai par ailleurs d'utiliser des majuscules tant que fernando de san cristobal ne sera pas libéré/

je n'ai aucune idée de qui ça peut bien être¬ mais je trouve que fernando de san cristobal sonnait foutrement bien/

05 octobre 2007

"Oui mais il y a tout un service derrière"

EncmoucheAinsi donc, la petite phrase citée en titre a une nouvelle fois fait son apparition hier. Au téléphone. Je t'en avais déjà parlé à l'occasion, tu sais à quel point je la déteste: Le "oui mais il y a un service derrière" est le credo que l'Internationale de la congrégation des escrocs te balance à la tronche pour justifier un enculage commercial de ta personne. Avec du gravier.

Il y a quelques jours, je demandais à un palace de me faire un devis pour un "cocktail déjeunatoire" (le mec qui a inventé ce terme barbare mérite d'être châtré avec une tige de bambou enduite de Tabasco) pour 100 personnes. Je reçois l'offre. On nous propose un tarif de Fr. 90.- (€ 55) par personne, sans les boissons. Fr. 9'000.- au total donc...

J'appelle l'hôtel et demande le responsable Foudéndebévérèdge (Food & Beverage) comme il se nomme lui-même avec son accent anglais pourrave doré sur tranche et lui rappelle que l'année passée, son établissement nous avait servi un repas "culs sur chaises" (donc avec service à table) pour Fr. 75.- (€ 45) par personne.

J'attire son attention sur le fait qu'il y a une augmentation de près de 20% quamême. Alors que le cocktail sera un simple buffet cette fois. Et que cela reviendra moins cher à organiser pour l'hôtel vu que tout le monde clappera debout (en se versant allègrement les verres et les assiettes sur le paletot, puisque c'est ce qui arrive dans les cocktails dinatoires à la con).

Il me répond qu'il ne faut pas voir les choses ainsi. Que le cocktail déjeunatoire s'articule autour d'un concept de bouchées (ils doivent payer des mecs pour faire des argumentaires, c'est pas possible autrement). En portions individuelles. Et que le prix de revient est de ce fait plus élevé.

Je lui fais poliment remarquer qu'à raison de 5-6 bouchées par personne (c'est plus ou moins la quantité à prévoir pour le salé), son concept s'articule quand même autour de 15.- à 18.- pour une seule bouchée.

Il me rétorque que les frais en personnel ne sont pas moindres: même si vous ne vous en rendez pas forcément compte, les nombreuses pièces doivent être disposées rapidement et il un véritable service derrière, Monsieur.

Il l'a sortie, sa phrase magique. J'ai cru un moment que j'allais déchirer ma chemise et me transformer en Hulk, aussi vert qu'une glaire matinale. Même pas. J'apprends à me dominer. C'est bien.

Donc si je suis bien son truc: non seulement on bouffera moins et surtout debout, mais en plus on aura l'insigne honneur de payer plus? J'espère au moins que pour le prix, le personnel de service aura le bon goût de laisser la gourmette au vestiaire.

Parti sur cette lancée, l'année prochaine, ça ne m'étonnerait pas que le mec exige en plus qu'on lui souffle dans le poireau jusqu'à ce qu'il ait les pieds en bouquets de violettes...

29 août 2007

Marques déposées

Je me suis aperçu que le français est toujours cette langue qui fait rêver les Japonais, car la langue de Molière (mais dure aujourd'hui) véhicule encore cette image d'élégance et de bon goût à laquelle les Japonais sont très sensibles.

Beaucoup de marques contiennent ainsi des mots français. Comme par exemple le PQ de mon hôtel (promis que c'est véridique - tadam tadadadam pam pam tching):

Amour

Ou alors cette boîte de biscuits au thé vert de la marque Collon, vendue dans la gare de Kyoto:

Collon

Si dans le premier cas, l'expérience de la vie montre qu'il y a bien une corrélation entre l'Amour et le cul, la boîte de Collon me laisse plus perplexe: je me demande si le nom de cette friandise est supposé pousser les acheteurs à consommer ces biscuits cylindriques par voie rectale ou non.

Une façon de tremper le biscuit, en somme.

15 août 2007

Mattel chouine

VoodooQuand une entreprise doit affronter une situation de crise, on dit qu'elle fait de la communication de crise. Le but étant de tout mettre en oeuvre pour protéger au maximum la réputation de l'entreprise (et donc la valeur boursière de celle-ci...). L'exemple le plus parlant en matière de communication de crise est sans doute celui de Perrier qui, en 1990, a rappelé des millions de bouteilles après que des traces de benzène avaient été découvertes dans leur eau minérale.

Il y a quelques jours, Mattel rappelait 18 millions de jouets farbriqués en Chine. Parce que ceux-ci contenaient de la peinture au plomb notamment. Qui peut être dangereux pour la santé, spécialement quand tu es un gamin qui mordille ses jouets.

Aujourd'hui, Mattel publie un communiqué signé par son CEO Bob Eckert dans plusieurs quotidiens suisses. Intitulé "Parce que vos enfants sont aussi nos enfants". Un communiqué d'une mièvrerie sans nom. Il a beau affirmer la bouche en coeur que "rien n'est plus important à nos yeux que la sécurité de nos enfants", "en tant que père de 4 enfants, je partage votre préoccupation de ne leur fournir que ce qu'il y a de mieux", l'impression demeure: la situation actuelle est le résultat d'une course au profit débridée qui fait passer la santé des gamins au second plan.

Qu'une entreprise cherche à faire du profit, c'est normal. Ce qui l'est moins, en revanche, c'est que la chasse au profit passe avant toute autre considération. Quoi qu'on en dise en venant chouiner après coup, à un moment donné, la santé des consommateurs n'a pas pesé bien lourd face à l'impératif de réduction des frais de production. Point. Le reste n'est que pignolade de communiquant.

D'aucuns salueront peut-être le 'courage' de Mattel de se lancer dans un rappel à si grande échelle. Là encore, tout n'est que calcul: le dommage à l'image de marque de Mattel aurait été bien plus grand si l'affaire de la peinture au plomb avait été rendue publique par un journal. Et Mattel aurait été contraint d'être réactif, ce qui n'est jamais très bon en matière de communication.

Si je ne critique pas le rappel en tant que tel, je me gausse cependant de la mièvrerie faussement sincère de ces communiqués. C'est toujours pareil: on essaie de donner dans le sentimental pour noyer le poisson.

Un beau jour, une centrale nucléaire ayant subi une avarie quelques années plus tôt fera poser son directeur avec son petit-fils à deux têtes et trois bouches (dont une bavant en permanence) dans un spot télévisé. Le dirlo déclarera, en souriant, en tenant son petit-fils par l'épaule: "L'énergie nucléaire est indispensable, car elle permet d'alimenter en électricité le scanner et l'appareil à dialyse de mon petit Kévin-Aristide, ce qui contribue à améliorer la qualité de vie de mon petit-fils. Même après l'accident". Et Kévin-Aristide de lâcher un pet se matérialisant sous la forme d'un gros nuage vert par l'un de ses 26 trous du cul. Et la voix off de bétonner le truc, sur un fond musical à la Moby: "L'énergie nucléaire. Pour vous. Pour nous. Aujourd'hui. Demain. Ici. Partout".

30 juin 2007

Notre atelier "Parlez-vous 'assureur'"?

J'ai toujours considéré les assureurs comme constituant la plus grande congrégation d'escrocs avec les vendeurs de voiture. Si l'enfer existait (depuis la mort de Gide on sait que ce n'est pas le cas), les deux corps de métier se disputeraient âprement les meilleures places.

Hier soir, je triais mon courrier quand je suis tombé sur une lettre de Monsieur Visa. C'est tellement cliché que je ne pouvais pas garder ça pour moi. Extrait [et là, tu cliques sur la image dessous là pour qu'elle s'affiche sur le écran et tu lis]:

Visa_3

J'adore. J'adore parce que c'est un fidèle aperçu de la dialectique enseignée dans les centres d'élevage d'assureurs. La méthode est simple, car le discours s'articule toujours autour de 3 axes que nous allons étudier ici:

  1. Faire copain-copain avec le client-pigeon [de Cher Monsieur à tous les jours] pour endormir sa vigilance. Il faut choisir des sujets généraux, fédérateurs, positifs, qui mettent tout le monde d'accord.
    Registre à utiliser: la vie, le beau temps, les saisons qui passent. Voire les pipes au riz ou les bains de siège de Rika Zaraï.
           
  2. Instiller la peur en faisant sortir le client-pigeon de sa zone de confort [de Mais qui paiera à invalidité]. Il faut évoquer des images très désagréables afin de faire naître dans les yeux du client-pigeon la même lueur de peur que celle que l'on retrouve dans le regard torve des porcelets en route pour l'abattoir.
    Registre à utiliser
    : le spectre du chômage et de la ruine, la flétrissure publique, la dégringolade de l'échelle sociale, l'impotence, les accidents et la maladie. Voire le passage en boucle de l'intégrale des Coups de Queue Coeur d'Alain Morisod.
                
  3. Voler au secours du pauvre client-pigeon en sortant un lapin de son chapeau [dernier paragraphe]. La capacité de jugement du client ayant été très ébranlée par le point 2, n'importe quelle proposition sera assimilée à une bouée de sauvetage (le truc que j'aime beaucoup dans le dernier paragraphe, c'est qu'ils te disent en gros: "grâce à cette solution de prévoyance, hey, tu seras peut-être toujours en fauteuil roulant ou dans un poumon d'acier, mais tu pourras "[...] continuer à prendre la vie du bon côté et à utiliser [ta] carte VISA Miles & More". Elle est pas belle la vie?
    Registre à utiliser: primesautier, happy-end. Revenir à l'ambiance confortable du début du point 1 en montrant que la solution permet d'éviter les affres du point 2. Suggérer au lecteur qu'il est beau et qu'il pisse vraiment vachement loin.

Dans sa réponse à l'assureur, le client-pigeon vouera un soin tout particulier à respecter à son tour cette dialectique en 3 points, afin que le contenu de sa lettre soit bien assimilé par l'assureur:

  1. Faire copain-copain avec l'assureur: "Hey, ma couille, t'as vu comme il fait beau? Un vrai temps pour faire des grillades le soir, entre amis. Et puis dis, c'est bientôt les vacances avec la petite famille, les enfants. Cool, pas vrai?".
                
  2. Instiller la peur en faisant sortir l'assureur de sa zone de confort: "Dis voir, dans ta lettre que tu m'as envoyée, j'ai eu la désagréable impression que tu me prenais pour un peu pour un con. Et ça, j'aime moyen. Imagine un peu ce qui arriverait si tu m'envoyais une nouvelle fois un courrier pareil, dans une semaine ou un an. Tu comprends que je me verrais dans l'obligation de te châtrer avec une pince-monseigneur rouillée et de te faire bouffer tes glaouis. Avant de te scier le menton avec un bambou et de te briser les genoux et les coudes à la barre à mine. C'est du tout moche, hein?"
                      
  3. Voler au secours du pauvre assureur en sortant un lapin de son chapeau: "Comme je sais que tu es un garçon raisonnable et que tu ne veux pas d'histoires, je sais que je ne vais pas devoir en arriver à de tels extrêmes. Aussi suis-je prêt à te faire une offre magnanime que tu ne pourras pas refuser: tu enlèves mon adresse de ta banque de données et tu crédites fissa 10 patates sur mon compte VISA. Et on en parle plus, tu files faire tes grillades avec tes potes débiles et tu rejoins les autres familles cacas sur les embouteillages de l'autoroute des vacances. N'appelle pas la police ou je flingue tes gosses.".

Omettre les salutations à la fin de la lettre relèverait d'une impardonnable faute de goût. Aussi veillera-t-on à inclure un sobre "Je ne te salue pas, mon cochon: je te crache à la gueule" ou un plus raffiné "Très Auguste Flaque de pus, permets-moi d'être, de ta goujaterie notoire, le très humble et fidèle imitateur".

Facile.

23 février 2007

Web 2 à 0

Cette nuit, un business model a germé dans mon cerveau. Comme diraient les démarcheurs des maisons de courtage en assurances "c'est vraiment un produit très très in-té-res-sant". Attends, pars pas, j'ai pas fini.

En gros, on pourrait faire une plate-forme Web 2.0 où les djeunes uploaderaient leur vidéos du week-end (vidéos de binge-drinking, vidéos culs nus, happy slapping, etc). Et leurs amis pourraient les télécharger sur leur mobile en appelant un numéro lourdement surtaxé comme on en voit dans les pubs sur M6 à l'heure des émissions pour ados.

Les gamins devraient par exemple faire hypothéquer la baraque des vieux et nous faxer le papier ou nous envoyer les dents en or de la grand-mère avant même de pouvoir composer le numéro.

Alors bon, oui, évidemment, ça risque de ruiner et de déchirer des familles entières, mais bon, hein. Nous on ne les entendrait même pas geindre, parce qu'on serait peinards, à la fraîche, décontractés du gland, sur une île, avec un patrimoine défiscalisé. Et un moniteur qui nous montrerait la progression du chiffre d'affaires. Tu vois comment?

Et figure-toi que j'ai même déjà trouvé un nom pour notre petite affaire. Ça s'appellera

Jentube_1 

30 janvier 2007

Fallait bien que ça arrive

Vu ce matin, au centre-ville, une publicité affiche pour un ordinateur dont on met en avant le nouveau système d'exploitation Windows Vista de Microsoft par un jeu de mots particulièrement réussi: "Hasta la vista".

Moche d'en arriver là. Et la dignité, le respect de soi, bordel?

Voici une photo de l'affiche*. On saluera la palette de couleurs qui va du jaune 'urines chargées' au vert 'glaires matinales de sanatorium' et qui se marie à merveille avec la balustrade de chantier (EDIT):

Hasta_1

   
Des mois que l'on retient captive la frange médiocre des publicitaires (soit le 90% de la corporation) dans des cages métalliques dans l'attente du Grand Soir. Et là, la grille vient de s'ouvrir, on a lâché les bêtes.

Ça se bouscule, ça jappe. Saouls de liberté, ils vont dans leurs derniers retranchements, puiser un slogan qui s'inspire du pilier de leur culture générale qu'est Terminator II. Et que je t'affine ça avec deux louches d'espagnol de plage. Olé. "Ça va faire sourire les gens, tu verras, Ghislaine. On s'inscrit clairement dans une approche de recherche d'adhésion déclinée sur un facteur connivence ultra-fort, eh ouais, eh ouais, eh ouais. Oui, le reprendrais bien un rail. Snnniiiiiiiiirf".

Combien pour mettre ces gens sur orbite? (Mais on peut aussi leur casser les rotules avant de les mettre dans le lanceur. On a bien le droit de s'amuser un peu après tout, on n'est pas des animaux non plus).

* parce que contrairement à Pamela Anderson, moi je soutiens ce que j'avance.

23 janvier 2007

Des salades et des couleuvres

Beer_dogJ'ai de moins en moins de considération pour les gens qui font du marketing. Qu'une entreprise fasse connaître ses produits et services et tente de se différencier de la concurrence me paraît évident. Qu'elle essaie de fidéliser sa clientèle également. Mais il y a des limites. Comme le bon sens, par exemple. Que les gens du marketing ne peuvent pas s'empêcher de transgresser en bullshittant à tout vent:

Kwispel (qui veut dire "remue la queue" en néerlandais) est une bière sans alcool pour... chiens élaborée par une brasserie d'Amsterdam. Avec des extraits de boeuf. Pour que ton chien puisse boire un verre avec toi après une partie de chasse (d'après l'inventeur). J'imagine déjà le chien et le proprio, vautrés devant leur télé, se grattant les burnes en regardant un match de foot...

Plus débile encore: l'eau minérale Fiji, mise en bouteille aux îles Fidji (comme le nom l'indique, hein) et dont la grande majorité d'une production annuelle estimée à 180 millions de bouteilles est exportée... aux Etats-Unis. Le marketing de Fiji met en avant la pureté exceptionnelle de l'eau, ses bienfaits pour le corps (elle renforcerait les ongles et les cheveux, éléments qui ont évidemment été contestés par un labo).

Enfin, c'est sans rire jusqu'à se faire dessus que le vice-président du marketing explique, avec ses mots à lui, que Fiji Water vend avant tout une sensation, une perception. Celle de partir en vacances: "Consumers will gaze into the bottle and it takes them away for a moment". Je ne sais pas comment il fait pour rester sérieux. Mais c'est là qu'on se rend compte que clown, c'est un vrai métier...

Personnellement, une eau minérale à laquelle on fait traverser un océan pour qu'on puisse la faire consommer à des snobs crédules à l'autre bout du monde en mettant en avant le côté 'nature' du produit, ça fait naître une autre perception chez moi: celle d'une connerie sans bornes et d'un cynisme totalement méprisable.

On devrait les obliger à afficher le bilan écologique d'une telle mascarade sur l'étiquette. Juste pour gâcher un peu l'expérience de consommation. Et que le consommateur ait l'impression de passer des vacances sur une décharge, ce qui serait nettement plus honnête. Mais si le but du marketing était d'être honnête, ça se saurait...

A choisir entre aller boire une bière avec le responsable du marketing de Fiji et un chien, j'opte sans hésiter pour le second. Au moins, je ne serais pas tenté de faire couler du béton dans sa gueule pour le faire taire. Et puis il en va du chien comme du chat: tu n'as pas besoin de mots: un regard suffit.

08 décembre 2006

Oh la belle pub, diouar!

GlamourJ'aime la bonne pub bien pourrie quand j'en vois. Et là, j'ai vu. Il suffit de promener son regard sur les murs lausannois pour apercevoir les jolies affiches des montres Cover. Pardon: des Cover Watches (oui, ouvre l'image, là).

Chez Cover, on aime visiblement faire dans le cliché de base susceptible d'être compris par le/la dernière mononeuronal(e) du coin camphré(e) au valium. Qui dit tablard un peu 'base' dit forcément, c'est écrit, nunuche blonde aux balles refaites qui bouge ses cheveux sur l'affiche ("vas-y secoue la tête Maeva, bouge tes cheveux comme oune lionne, sì, benissimo, secoue la tête plou forrte, encore plou forrte! Plou foooorte encore! Ma... pourquoi elle dégôle, la connasse, porco cane?!").

Le détail qui tue, vous ne l'avez malheureusement pas sur cette image. Parce que sur l'affiche (que je n'ai hélas pas pu photographier pour cause de pluie) est inscrit un magnifique slogan pour la montre "Glamour". Qui dit: "elle affine votre style". Si, t'as bien entendu. T'as vu la breloque, un peu? On dirait des chenilles d'obusier blindé. Aussi distinguée qu'une moissonneuse-batteuse qui esquisserait un menuet au bal des débutantes. Elle affine ton style comme on affinerait un vieil Epoisses gouleyant, oui: au Marc de Bourgogne et à la louche!

Personnellement, quand je regarde la pub pour les montres Cover, un autre slogan me vient à l'esprit: Run for cover!

17 octobre 2006

L'assurance d'un foutage de gueule

Hier, mon aussureur m'a fait une belle lettre, avec un joli titre sur fond de feuilles d'arbres bercées par un soleil d'automne, sur le point de tomber. Pour rappeler aux assurés âgés qu'il ne passeront pas l'hiver? Lavomisse ne risque en tout cas pas de tomber malade: il est déjà mauvais comme la peste.

"[nom de l'assurance]plus" qu'ils l'appellent, leur lettre d'information. Parce qu'ils ont suivi un cours marketing où on leur a dit que c'était pas mal tendance d'écrire les titres des newsletters sans espaces, en mettant en gras l'un des mots. Alors mon assureur, tu penses: il retrousse sa manche de costard couleur menthe et il s'exécute et te vire les epaces et te met du gras partout, histoire d'être à la mode. Quelqu'un pourrait lui dire que mettre sa tronche sur les voies du train juste avant le régional de 17h55, c'est tendance, aussi? On sait jamais, dans sa volonté désespérante d'être in, il serait capable de le faire. Il sera même tellement dans le vent que l'intérieur de son lobe frontal devrait prendre la bise du soir.

Revenons à sa lettre: mon assureur y a glissé un filet: "Primes 2007 - Des nouvelles réjouissantes" suivi, un peu plus bas, d'une mention en gras (le doute n'est plus permis: mon gaillard a vraiment bien assimilé sa connerie de cours): "Des primes qui diminuent".

Et là, je me dis "chouette" et je suis presque prêt à lui pardonner ses titres à la con. Jusqu'à ce que je regarde mon avis de primes 2007, sur une feuille à part. Et là, plus de fioritures, c'est du brut de décoffrage: mes primes augmententeront de CHF 72.- par année. Tu parles d'une nouvelle réjouissante, mon con!

Ce n'est pas tant l'augmentation qui me met de mauvaise humeur, mais juste l'impression que mon assureur me prend pour un couillon qu'il va pouvoir entuber facilement en recourant à un verbiage lénifiant comme vaseline. Eh bien non, mon cochon: mon cul, c'est pas du poulet.

Il serait temps que mon assureur-maladie se rende compte que sa diarrhée verbale ponctuée de réserves écrites en petits caractères en bas de page n'impressionne plus personne. Au contraire, ça fâche. Surtout quand les petits caractères disent exactement le contraire de ce que laisse entendre le titre et le corps de la lettre.

Et il vaudrait mieux qu'il comprenne vite, parce que sinon, un beau jour, mon assureur va se retrouver attaché sur une chaise dans une cave, avec un torchon imbibé de canard WC dans la bouche. Et le rectum bourré de TNT, avec une longue mèche qui dépasse.

Personne pour l'entendre gémir. Juste quelqu'un avec une allumette à la main pour lui glisser, avec un sourire commercial rehaussé par les remugles pestilentiels d'un after-shave qui a tourné:"on dirait que vous allez encore faire des étincelles, Monsieur l'assureur!".

BOUM.

Le boss vient?

  • Sortie de secours vers un site bien comme il faut

août 2008

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Tout, tout, tout