17 juillet 2007

Minute de désinformation culinaire

Je ne sais pas si je t'ai dit, mais il m'arrive très souvent de manger des sandwiches au travail. Parce que souvent, je n'ai pas le temps de faire une pause-déjeuner à midi. Ni l'envie d'aller me pourrir l'estomac avec la tambouille servie à l'étalée, à la louche (et à des prix prohibitifs), par les gargotes du coin. Donc je suis assez sandwich.

Mais pas n'importe lesquels, malheureux(-se)! Sais-tu seulement que la moitié des boulangers lausannois se sentent obligés de mettre l'équivalent de la consommation annuelle de beurre du Lesotho dans ta baguette au jambon? Ce n'est qu'après plusieurs mois de recherches, que j'avais enfin réussi à trouver un boulanger assez confiant en son art pour éviter d'avoir à tromper les papilles du client avec ce subterfuge aussi rance que... le beurre.

Hélas, lui aussi a fini par pécher: dans le dernier sandwich que j'ai acheté chez lui ce midi, j'ai clairement senti la présence de mayonnaise. En quantité obcène. Et ce con en fout presque partout à présent, même dans les sandwiches au roastbeef. Il a dû prendre le module de perfectionnement professionnel "la mayo, c'est über-jovial", sinon je me m'explique pas ce retournement doctrinal regrettable.

Tu me diras: 'et alors?' (si, tu dis toujours 'et alors?' quand je dis un truc, je commence à te connaître, toi et ta bouille gouailleuse). Ben non, la mayonnaise, c'est beurk. Parce que le plus souvent c'est même pas frais ou alors c'est bourré de conservateurs. Et c'est très gras: dans 100g de mayo, tu peux avoir jusqu'à 79g de lipides. Donc la mayonnaise, c'est caca.

Renoncer à la mayonnaise, c'est pourtant simple. Il suffit de chercher à savoir comment elle est fabriquée:

14 juillet 2007

Finalement...

...le dîner de ce soir aura été assez classieux jusqu'au dessert.

   
Marcao Bratchao, aka l'Incinérateur.
 
EDIT: Ce n'est évidemment qu'à la faveur d'un entraînement aussi exigeant que drastique que l'on acquiert un beau jour une maîtrise de cette discipline impitoyable, à l'instar de "l'Incinérateur", 8ème dan, ceinture verrat.
   
Aspirateur industriel dans une autre vie, Marcao "l'Incinérateur" Bratchao est aussi le lauréat de l'édition 2006 de notre Concours international de pêches - sa performance ayant consisté à loger 9 demi-pêches dans sa bouche, comme l'atteste cette vidéo puisée dans nos archives.
Le record n'a pas été battu à ce jour, avis aux amateurs.

20 mars 2007

Lard de la table

FriedJe crois qu'on le tient enfin, le menu le plus abject du monde. Oh, je sens que tu vas être déçu: je ne vais pas te parler de grosses bestioles dégoulinantes, de cervelles de singe ou d'autre exotiqueries faciles. Que pouïc.

Non, ici on patauge dans le vrai dégueulasse, dans l'ignoble de proximité, celui qui te file un bon coup de canne dans le buffet avant de faire remonter l'ascenseur à bile.

Visse ta toque, car aujourd'hui tu vas préparer des hot dogs fourrés au fromage au spray, enroulés dans de visqueuses bardes de lard et frits deux fois. A un jour d'intervalle (c'est hélas véridique). A leur place, je les aurais frits 7 fois. Pour le symbole. Et pour être bien certain que le septième fils du type qui aura mangé cette délicatesse soit bel et bien frappé de la malédiction de Moctézuma, à savoir une onctueuse riclette lui coulant généreusement le long des guibolles. En faisant des bulles ça et là.

Je crois que personne n'a encore trouvé de nom pour ce plat merveilleux. Je suggère donc que nous l'appelions simplement "Armageddon". (Nan, c'est pas usurpé!).

Autant te dire qu'on nage en plein terrorisme culinaire. Une fois que tu l'as frit deux fois, le plat du jour a cette gueule:

Refried_3
[Credit photos: The Stranger]

La recette est ici. Mais si tu veux voir de belles photos (surtout celle du sopalin translucide), c'est ici que tu dois aller.

Painfully delicious. Yuck.

09 décembre 2006

Rule Britannia

StiltonLa Grande-Bretagne est un peu moins le terrain vague culinaire qu'elle était jusqu'ici dans mon esprit: hier soir, un ami m'a fait découvrir le Blue Stilton au porto, un fromage briton d'une finesse rare et d'un goût très subtil.

Et quand un vin rouge à tomber accompagne le tout, c'est la tempête de bonheur dans ta bouche et tu te dis que tu détiens forcément la carte d'embarquement pour le septième ciel.

(EDIT: Non. Le vin rouge n'était pas anglais. Je veux bien être aimable et tout, mais faut pas pousser grand-mère dans les orties non plus. Du pinard anglais. T'es con, toi).

28 novembre 2006

Morve subite

PeterPour continuer dans notre rubrique du bien-manger, sais-tu que décembre est aussi le mois du biscuit? Le savais-tu seulement? Mais avant d'envisager de le grignoter goulûment quand il est bien dur, faut-il encore prendre le temps de malaxer la pâte avec doigté et application. Et qui dit pâte, dit bien souvent séparation du blanc et du jaune d'oeuf.

Et c'est précisément là que la chatte a mal aux roubignolles: séparer le blanc du jaune est une opération aussi délicate que rébarbative: tu t'en fous plein les mains et puis ça coule le long de l'avant-bras en y laissant de disgracieuses traces. Bref, l'affaire est aussi peu heureuse qu'un grabataire dans un poumon d'acier contraint d'assister à un concert d'Alain Morisod sous la menace d'un pistolet-mitrailleur.

Heureusement, grâce à Ebay, cette corvée relève de l'histoire ancienne. En effet, ici tu pourras faire l'acquisition d'un Peter Petrie - un nom qui prête à rire, certes, mais ce dernier lui le rend bien.

Mais qu'est-ce que le Peter Petrie me demanderas-tu certainement, d'un air dont la malice le dispute à l'impatience? Simple: le Peter Petrie n'est rien d'autre qu'un séparateur d'oeuf. Mais attention, pas du genre tristounet, non, car le Peter Petrie est enjoué et malicieux: lorsque tu introduis un oeuf dans sa tête, le jaune reste à l'intérieur alors que le blanc d'oeuf, les amis, le blanc coule par ses narines. Comme par enchantement. Et surtout, comme une belle morve gouleyante et généreuse à l'envi, une moque franche et visqueuse de milieu d'hiver à la Brévine.

Et là, forcément, on se découvre devant tant d'ingéniosité. On se met à songer: "si seulement j'y avais pensé aussi". Un brin d'envie se mêle alors à l'admiration brute que suscite, avouons-le, ce bel objet façonné par un génial inventeur dont le seul souci - ô immense humaniste - consiste à rendre la vie de ses pairs un peu plus supportable et facile ici-bas.

Je ne serais pas étonné qu'un beau jour quelqu'un tente de nous vendre un cul en céramique qui chie des truffes tout en jouant la cucaraccia. Pas plus que je ne serais étonné de voir des pingouins déguisées en faux Elvis, bourrés à la bière, essayant de booter leur PC sur Linux.

En fait, je crois que je deviens de plus en plus difficile à surprendre avec les années. Chienne de vie.

27 novembre 2006

Le casu marzu, ce fromage qui danse

Casu<puke alert> Cette année, pour la Nayeulle, fiche la paix aux pauvres bêtes et oublie le saumon, le foie gras et le caviar. Opte pour le fromage. Ah, mais attention, pas n'importe quel gommeux pasteurisé insipide, sans saveur et sans odeur, non: prends du casu marzu. Mais attention, gamin(e): va falloir attacher ta ceinture et nouer tes baskets, car ce fromton-là, il en a sous la socquette!

Le casu marzu est une sorte de pecorino sarde. Mais d'un genre particulier, car en sarde, casu marzu signifie fromage pourri. Et tu te rends compte qu'on ne te ment pas sur la came au moment où on t'apprend que la texture unique de ce fromage que le Wall Street Journal a décrit comme "[...] a viscous, pungent goo that burns the tongue and can affect other parts of the body" (une glue visqueuse et puante qui brûle la langue et peut affecter d'autres parties du corps humain) est obtenue grâce à l'adjonction délibérée de larves de la mouche du fromage (Piophila casei) dont le boulot consiste à briser les acides gras et à faire entrer ton gommeux dans un état de fermentation dont le qualificatif "avancé" doit être considéré comme un aimable euphémisme de salon.

Bref, ton gommeux entre dans un état de transe mystique. Un peu comme Mireille Mathieu quand elle chante l'Amour. Sauf que le casu marzu postillonne nettement moins quand même.

Sous l'action de ces petites bestioles industrieuses, la texture du fromage devient rapidement assez molle et suinte un liquide que les sardes appellent "lagrima" (larme). Et je veux croire que la lagrima est à larme de collégienne ce que l'American staffordshire est aux canidés: c'est du tout violent qui te bouffe ton Kleenex et te ronge les doigts jusqu'à l'os. Quand t'en as sur les godasses, tu peux aller les brûler. Mais d'abord, fais venir un exorciste, on n'est jamais assez prudent.

Même si le tableau est déjà assez laid comme ça (on dirait presque une oeuvre de Jérôme Rudin), on n'atteint la vitesse 'hyperespace' dans l'ignominie alimentaire que lorsqu'on découvre que les larves de ce fromage (qui atteignent 8 mm) peuvent accomplir des sauts allant jusqu'à 15 cm quand on les dérange. Un peu comme si toi tu pouvais faire des bonds de 30 mètres. Ce qui fait que l'on te conseille en général de porter des lunettes de protection avant la dégustation. Ou de placer une main sur le pain enduit de fromage. C'est véridique.

Au niveau des risques sanitaires, le casu marzu est un fromage rigolo: outre les diverses allergies qu'il peut déclencher et le danger que représente la toxicité engendrée par l'état de décomposition avancé, la consommation de cette spécialité peut aussi entraîner des myiases entériques: les larves de piophila casei peuvent transiter à travers l'estomac sans risquer d'être tuées par l'acidité de ce dernier.

Arrivées au niveau de l'intestin, tes nouvelles copines peuvent alors causer de sérieuses lésions tandis qu'elles tentent de traverser la paroi intestinale (ben oui, les petites essaient de sortir, mais y a pas de lumière. Alors elles piochent. J'aimerais bien t'y voir, tiens!). En général, tu as a) des nausées, b) des douleurs abdominales, c) des diarrhées sanglantes (sic), d) all of the above (bingo!).

Tous ces détails font du casu marzu un aliment beaucoup plus rock'n'roll que les Kinders suprise. Grâce à lui, on passe du fusion food au fission food. Une fois que tu en as mangé, tu deviens immortel. Et plus jamais tu n'as besoin de prendre des antibiotiques. Si tu survis.

Inutile de préciser que ce fromage est considéré comme un produit contaminé et sa vente est illégale en Italie. Il n'est vendu que sur le marché noir. C'est à dire partout en Italie (Dai, Marcolin', porca miseria, butta via questa lupara, non sono mica serio!)

La semaine prochaine, nous étudierons un aliment encore beaucoup plus intéressant que cet aimable amuse-bouche mondain qu'est le casu marzu: nous nous pencherons en effet sur le Big Mac. Viens avec un seau, ça va être bien gore.

Source: Wikipedia

</puke alert>

30 août 2006

Quelques conseils en matière de vente

Tu es vendeur, VRP, voire assureur? Et tu cherches le tuyau infaillible pour fourguer ta merdasse?

J'en connais un: passer à la télé. La télé, c'est fastoche: tu touches une audience maximale, c'est un retour sur investissement de malade mental. S'ensuit un tsunami de thunes qui va te permettre de faire corriger la faute d'orthographe que tu as sur ta grosse gourmette à mailles pleines. Et même de troquer ces chaussettes blanches tennis contre des modèles noirs, tellement plus sobres. Qui iront super bien avec les tapis de sol de ton Audi A6 (reçue après avoir été employé du mois pendant 6 mois d'affilée. Ca valait la peine, même si aujourd'hui, tu as la langue toute brune...).

Facile, la télé? C'est aussi ce que pensait Eric Jewell. Mal lui en a pris. Un passage à la TV, ça se prépare. Et les spécialistes déconseillent vivement aux candidats d'aller se camphrer la ruche en entreprenant, la veille, une tournée des grands (trous) ducs de tous les bars de la ville avec leurs potes.

Pour Eric, qui n'a pas su tenir compte de ce judicieux conseil, les perspectives sont sombres: il ne va vraisemblablement pas palper son bonus cette année. Mais pour toi, il est peut-être encore temps d'éviter le naufrage télévisuel, le suicide social:

08 mars 2006

Un deal de bile

Les esthètes, habités par le bel esprit, observeront que pour visionner cette vidéo, il est préférable d'avoir du... haut débit.

D'aucuns objecteront, la bouche en cul de poule, si possible un blini à la main, que ces images sont d'une rance trivialité. Foutrequeue que non! Il faut être ma foi bien philistin pour bouder son plaisir et tenir pareil discours de fesse-mathieu! J'y vois au contraire une réflexion paradigmatique sur l'importance que notre société accorde à l'argent, une performance artistique que ne renierait pas Vomitolotti Rist.

Du fauvisme de trottoir, d'après les couleurs. En tout cas pas du cubisme, parce que les morceaux m'ont l'air d'avoir été trop soigneusement mâchés pour ça. Mais si cette qualification devait donner lieu à un débat réunissant les tenants des différentes écoles dans ces colonnes, j'en serais le premier ravi.

04 mars 2006

Luttes intestines

BoutefasQuand les ressortissants des différents cantons qui composent la Suisse romande se disputent la palme de la meilleure spécialité gastronomique, ça donne une chanson comme "La Grosse Tête de Vaud".

De toute façon, y en a point comme nous autres vaudois en matière de graille. Les autres ne sont que des petits sifflets, c'est bien connu.

Un attentat sonore signé Loyon Lapèdze Band. Une formation qui mériterait une deuxième statue.


Loyon Lapèdze Band - La Grosse Tête de Vaud - Intégrisme vaudois (et d'ailleurs...)

(EDIT: Pas compris un mot? Pas grave, y a un lexique)

11 octobre 2005

Arrêtez donc vos salades

JeanclaudeLe Comité d'Action pour la Défense de la Charcuterie et la Réhabilitation du Saindoux (CADCRS) a investi hier soir les locaux de la première chaîne de télévision nationale. Cette action concertée visait avant tout à perturber l'enregistrement de l'émission "Rumine tes légumes", consacrée à la cuisine macrobiotique d'inspiration végétalienne.

Armés de caisses de terrines de porc, de saucisses, de tripes, de moutarde, de rognons et d'Epoisses, 25 membres du CADCRS ont fait irruption sur le plateau à 17h50. S'en prenant tout d'abord à la présentatrice, Berthe Gercefredzet, les militants ont ensuite rudoyé plusieurs invités anorexiques pour leur enduire le corps de saindoux et d'Epoisses avant d'obliger les infortunés à déguster de la terrine de campagne servie à la louche. Les récalcitrants étaient cruellement frappés au visage à coup de raviolis géants, jusqu'à ce que la farce se répande sur leur faciès émacié.

"Nous sommes venus défendre le bien-manger d'autrefois" explique Jean-Claude, alias "Palette", un militant engagé, tout en achevant de verser un seau de tripes dans le décolleté de la présentatrice. "Tu vois, grande socque décharnée, maintenant, grâce à Palette, t'as de nouveau de beaux nichons bien replets", lui lancera-t-il encore avant d'éructer grassement. Un rot dont le bouquet évoque de subtiles notes de ragoût avarié mâtiné de mayonnaise rance et de fruits pourris. Une mouche succombe en plein vol.

"Cela fait deux ans que ces brouteurs de verdure sabotent le marché des spécialités du terroir avec leur émission pour sacs d'os, il était temps d'agir" fulmine Lucio Crengo, président du CADCRS, avant d'introduire un entonnoir dans la bouche d'une malheureuse qu'il s'apprête à engraisser de rognons. "Pis pour le dessert, la petite aura droit à une glace à la viande si elle est sage" assène-t-il d'une voix suintant le stupre, en pointant son index en direction de sa braguette. Raffinement extrême.

Hélas, pour ces chantres de la saucisse d'antan, la soirée se terminera en eau de boudin: en effet, ironie du sort, c'est bien un panier à salade qui les emmènera chez les poulets.

Le boss vient?

  • Sortie de secours vers un site bien comme il faut

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Tout, tout, tout