Night Kinder trouvait sympa que j'écrive quelques lignes de temps en temps malgré mon voyage au Japon. Mon mérite est tout relatif: il y a des trucs blogables à chaque coin de rue ici.
Pas plus tard qu'il y a 10 minutes, je suis sorti acheter un truc à manger. Et je tombe sur un camion à ordures qui parle. Un vrai. A un feu rouge. Quand il a mis son clignotant pour tourner à gauche, il y a un haut parleur avec une voix féminine qui avertit poliment les automobilistes qui suivent le camion: "Attention, nous allons tourner à gauche. Bonne route et merci".
Idem sur les places de jeux pour enfants: à 17 heures, ils diffusent une petite musique qui invite les enfants à rentrer chez eux. Ah oui, parce qu'ici les parcs sont sûrs, un gosse peut y jouer sans craindre d'être la cible d'un Dutroux-Duc.
Et chaque arrêt de métro a son petit indicatif musical aussi. Qui est joué avant chaque annonce d'arrivée en gare d'un train.
Nul doute que j'aurais probablement été moins prolixe si je m'étais trouvé en Pologne. Car la Pologne rit peu. Et ça se comprend: le seul divertissement un peu marrant qu'ils aient eu, c'était l'invasion allemande de 1939. Et ça commence à faire vieux, même si la Pologne a toujours aimé avancer dans l'Histoire en se regardant dans un rétroviseur.
Du reste, la Pologne est tellement chiante qu'un jour quelqu'un a dit: "Hé les mecs, pis si on écrivait en n'utilisant que des consonnes pour tuer le temps, ce serait quand même vachement marrant, non?". Certains ont trouvé ça tellement drôle qu'ils ont poussé le vice à appeler leur gamin 'Krzystof'. Mais tout lasse. Et un jour, les Polonais on recommencé à s'emmerder comme des rats morts, particulièrement vers 11 heures du matin - parce que 'onze fait chier' (oh, ne me remercie pas de ce calembour foireux, c'est cadeau).
Heureusement, il y avait quand même parfois un enterrement ou un accident de car qui permettait aux locaux de se sentir vivants et d'alimenter - quelques mois durant - les conversations dans les chaumières chauffées à la briquette de charbon.
Puis il y a eu le Pape. Un Polonais qui a lui aussi tout mis en oeuvre pour distraire ses congénères. En allant jusqu'à se mettre une bonbonnière sur la tête pour faire rire pendant la messe. Quel déconneur celui-là.
Hélas, à la mort du souverain pontife, le spectre de l'ennui a de nouveau pointé son groin menaçant en Pologne. Heureusement, les autorités ont remarquablement su gérer la vacance laissée par le Pape en plaçant deux Teletubbies à la tête du gouvernement: les frangins Kaczyński. Et là aussi, le divertissement est permanent: quand l'un se tait, tu peux être sûr que l'autre va sortir une connerie énorme (comme leur projet qui vise à purger l'administration publique des anciens membres du Parti communiste, et de leurs « collaborateurs », réels ou supposés, un projet ressenti comme une chasse au sorcières rappelant les belles années du mccarthisme ).
Finalement, la Pologne est très blogable aussi. Il faut juste être assez dépressif ou cynique pour oser faire le premier pas et s'y rendre.
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