03 septembre 2007

Soirée diapo

Je voulais quand même t'ennuyer un peu pour susciter chez toi un filet de bave, qui viendrait naître sur ta lippe tiède pour mourir sur ton ventre, comme quand tonton Gilbert et tata Berthe t'infligeaient une soirée diapo.

Eh bien, ce soir, tonton Gilbert et tata Berthe, c'est moi: laisse-moi mettre mon bob, fixer ma poche à dialyse et enfiler ma jaquette qui daube la naphtaline. Et hop. Voici les photos de mes vacances en Ardèche:

 

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Note: sur la première photo, il y a trois tours dans l'arrière-plan. L'une d'entre-elles abrite le fameux hôtel Park Hyatt Tokyo, rendu célèbre par le film Lost in Translation. Probablement le plus bel hôtel du monde. Dans la plus belle ville du monde. Ca tombe bien.

01 septembre 2007

Tout roule

Je dois me rendre dans une autre ville ce matin. Je consulte donc les horaires du train sur le site des chemins de fer fédéraux, www.cff.ch. Mais je me gourre d'une lettre dans l'URL et j'aboutis ici.

Je suis loin d'être arrivé, vi.

J'ai pas eu mon premier café, en même temps...

22 août 2007

Bribes d'impressions

21082007128Pourriez-vous ôter votre katana de mon assiette? - Hier, je suis allé manger dans le resto où Tarantino a tourné une scène de Kill Bill (ils disent 'Kirou Birou' ici). Sushi Gonpatchi qu'il s'appelle. J'ai fait une photo (ci-contre) avec mon portable, la qualité chie un peu. Mais l'endroit est vraiment bien, la nourriture excellente. Compter CHF 50.- (nourriture et boissons) par guignol. Raisonnable pour un endroit quand même très prisé (c'est une bonne idée de réserver à l'avance).

Hercule qui rit... - En zappant pour voir les infos, je suis tombé sur un lancement d'une vieille série française: Hercule Poirot. Et j'ai bien failli aussi tomber de la chaise en entendant la speakerine prononcer ce nom. En japonais, Hercule Poirot se prononce 'Erukuru Poh-aro'. Irrésistible.

Les réceptions de l'Ambassadeurs sont connues pour le bon goût du maître de maison - Passage à l'Ambassade suisse hier pour un entretien avec un attaché. Discussion très intéressante de deux heures. Détail amusant: le sucre qui accompagnait le café servi portait les armoiries des cantons suisses, un peu comme cet exemple. Un souvenir qui remonte à mon enfance. Par contre, et là je vais devoir démystifier dru et forcément vous décevoir: pas de Ferrero Rochers en accompagnement, hélas. On nous aurait donc menti:

Summimasen, katsura wo shite imasu ka ("Excusez-moi, est-ce que vous portez une perruque?") - Il y a très peu de chauves à Tokyo en comparaison avec une ville européenne. Les Japonais sont en général assez fournis du caillou. Quand un type porte une perruque, ça se remarque beaucoup, parce que ça masque la naissance des cheveux. Et du coup, tu as une séparation très claire entre la perruque noire et la peau du Monsieur. Hier soir, en rentrant, j'ai encore vu un type portant une moumoute dans le métro. Le troisième depuis le début de mon séjour. Comme la clim est ventilée de façon assez violente dans les rames, je nourris toujours le secret espoir de voir un moumouteux passer juste sous la grille d'aération pour voir voltiger son toupet. Une scène qui ressemblerait un peu à celle de Marylin Monroe avec sa robe. Mais à l'envers.

Je me comprends.

Bon, hop, sous la douche et en route pour de nouvelles aventures.

21 août 2007

Du Japon et de la Pologne

Night Kinder trouvait sympa que j'écrive quelques lignes de temps en temps malgré mon voyage au Japon. Mon mérite est tout relatif: il y a des trucs blogables à chaque coin de rue ici.

Pas plus tard qu'il y a 10 minutes, je suis sorti acheter un truc à manger. Et je tombe sur un camion à ordures qui parle. Un vrai. A un feu rouge. Quand il a mis son clignotant pour tourner à gauche, il y a un haut parleur avec une voix féminine qui avertit poliment les automobilistes qui suivent le camion: "Attention, nous allons tourner à gauche. Bonne route et merci". 

Idem sur les places de jeux pour enfants: à 17 heures, ils diffusent une petite musique qui invite les enfants à rentrer chez eux. Ah oui, parce qu'ici les parcs sont sûrs, un gosse peut y jouer sans craindre d'être la cible d'un Dutroux-Duc.

Et chaque arrêt de métro a son petit indicatif musical aussi. Qui est joué avant chaque annonce d'arrivée en gare d'un train.

Nul doute que j'aurais probablement été moins prolixe si je m'étais trouvé en Pologne. Car la Pologne rit peu. Et ça se comprend: le seul divertissement un peu marrant qu'ils aient eu, c'était l'invasion allemande de 1939. Et ça commence à faire vieux, même si la Pologne a toujours aimé avancer dans l'Histoire en se regardant dans un rétroviseur.

Du reste, la Pologne est tellement chiante qu'un jour quelqu'un a dit: "Hé les mecs, pis si on écrivait en n'utilisant que des consonnes pour tuer le temps, ce serait quand même vachement marrant, non?". Certains ont trouvé ça tellement drôle qu'ils ont poussé le vice à appeler leur gamin 'Krzystof'. Mais tout lasse. Et un jour, les Polonais on recommencé à s'emmerder comme des rats morts, particulièrement vers 11 heures du matin - parce que 'onze fait chier' (oh, ne me remercie pas de ce calembour foireux, c'est cadeau).

Heureusement, il y avait quand même parfois un enterrement ou un accident de car qui permettait aux locaux de se sentir vivants et d'alimenter - quelques mois durant - les conversations dans les chaumières chauffées à la briquette de charbon.

Puis il y a eu le Pape. Un Polonais qui a lui aussi tout mis en oeuvre pour distraire ses congénères. En allant jusqu'à se mettre une bonbonnière sur la tête pour faire rire pendant la messe. Quel déconneur celui-là.

Hélas, à la mort du souverain pontife, le spectre de l'ennui a de nouveau pointé son groin menaçant en Pologne. Heureusement, les autorités ont remarquablement su gérer la vacance laissée par le Pape en plaçant deux Teletubbies à la tête du gouvernement: les frangins Kaczyński. Et là aussi, le divertissement est permanent: quand l'un se tait, tu peux être sûr que l'autre va sortir une connerie énorme (comme leur projet qui vise à purger l'administration publique des anciens membres du Parti communiste, et de leurs « collaborateurs », réels ou supposés, un projet ressenti comme une chasse au sorcières rappelant les belles années du mccarthisme ).

Finalement, la Pologne est très blogable aussi. Il faut juste être assez dépressif ou cynique pour oser faire le premier pas et s'y rendre.

Il fait chaud sur les tatamis

Quand tu bois 3 litres d'eau et de Pocari Sweat pendant toute une journée sans jamais avoir envie d'aller aux toilettes, tu te dis que tu dois quand même suer comme une bétonneuse. En fait, après un petit jour de répit, la température ici a augmenté de unbearably high pour atteindre le niveau hot as two rats fucking in a wool sock. Du reste, tout le monde se promène en permanence avec un mouchoir pour s'éponger le front.

Les supermarchés japonais sont rigolos. Il n'y a presque que des trucs qu'on n'a pas en Europe et inversément. Vu que les emballages ne sont évidemment qu'en japonais, une course au supermarché relève souvent de la pêche miraculeuse, d'où une impression de retourner en enfance, de ne plus avoir de repère du tout... Ce matin, je vais acheter deux petits pains. Ils avaient l'air de petits pains tout innocents. Gentils et tout. A un moment, j'ai presque cru qu'ils allaient me dire bonjour. C'est dire.

Après mordage en bonne et due forme, il s'est avéré qu'un des petits pains était fourré au curry (à 9h00 du matin, ça passe toujours bien) et l'autre à une sorte d'amalgame de crème de melon orange. Avec de la confiture verte. Parce que dans le melon, il y a du vert et de l'orange, c'est bien connu. Le tout par 36°. Mmmmmh.

Enfin, tant que je ne ressors pas du supermarché avec du décapant pour meubles en pensant que c'est du chocolat instantané, moi je dis que ça me va.

20 août 2007

Petit matin brun au Pays du soleil levant

Matin_brun_2

"Retournez dans votre pays de merde, vous valez moins que des chiens!" (sic). C'est le message de paix et d'amour que diffusaient hier matin 3 camionnettes noires d'un groupe d'Uoykus (ultra-nationalistes nippons) frappées du drapeau japonais (y compris le drapeau de guerre, comme le montre la photo). Un message scandé par haut-parleurs à l'attention du personnel de l'ambassade de Corée du Nord, sise à quelques centaines de mètres de là. A un volume proche du seuil de la douleur.

Les haut-parleurs montés sur les camionnettes ont encore vomi un long chapelet d'injures avant de disparaître. Injures qu'un policier japonais, visiblement désolé que je sois témoin de cette scène, a préféré ne pas me traduire. "It's very rude" se contentera-t-il de préciser. Un message intellectuellement ambitieux, visiblement. L'extrême droite du monde entier se rejoint sur ce point.

Il paraît que la scène se répète un dimanche sur deux. A la même heure. La police met en place des barrières mobiles pour fermer la route qui mène à l'ambassade juste avant l'arrivée du cortège des camionnettes. La voie est à nouveau ouverte après leur départ. Et ainsi de suite (car les types repassent environ 4-5 fois). La police se contente de fermer la route, il n'y a pas d'arrestation, au nom de la liberté d'excrétion d'expression...

Je pense que si j'habitais le quartier, j'aurais un peu de peine à supporter que de gros débiles hystériques viennent m'emmerder tous les 15 jours, le dimanche. Ce serait un vibrant plaidoyer pour une réhabilitation de la catapulte. Celle de mon enfance. Qui tirait des billes. Et qui permettrait de faire de fort jolis trous dans les pare-brises des camionnettes noires qui viennent te niquer ton dimanche matin...

Pour en savoir plus. Avec une vidéo.

10 juillet 2007

Up and away

BlueskyIl y a un côté que j'aimerai toujours chez les Américains et qui fait que jamais - malgré les travers impardonnables dont on peut raisonnablement les accabler (genre mettre des glaçons dans du vin rouge) - je ne pourrai les avoir en travers de la gorge. Ce côté - que j'admire par-dessus tout - est un optimisme mâtiné d'inconscience et une faculté d'aller de l'avant advienne que pourra.

Comme Kent Couch, cet habitant de l'Oregon (USA) de 47 ans qui a équipé sa chaise de jardin de 105 ballons gonflés à l'hélium, d'un GPS, d'un portable, d'un caméscope, d'un altimètre et de vivres. Avec pour objectif de se rendre dans l'Etat voisin de l'Idaho à l'aide de ce frêle et improbable aéronef.

Une chaise de jardin. Parce qu'un jour, il a rêvé d'un rendez-vous avec les nuages en flânant sur une chaise de jardin.

Il y a quelques jours, en soirée, Kent Couch prenait congé de sa femme en lui donnant rendez-vous dans l'Idaho. Neuf heures plus tard, sa chaise de jardin s'y posait en douceur après avoir traversé quelques nuages que Couch a qualifiés de 'duveteux'. Après un parcours de 300 km avec des pointes à 4000 m d'altitude.

Une scène digne d'un film de Kusturica, tout simplement. Avec cette conjonction d'éléments disparates et improbables qui sert d'écrin à la poésie. Une poésie légère, fugace et élégante qui ne se laisse ni saisir, ni analyser. Qui se vit l'espace d'un clin d'oeil. Et dont l'existence se prolonge par le souvenir.

Une légèreté et une élégance qui, hélas, manquent parfois un peu aux gens qui nous entourent.

23 janvier 2006

Ficelle (I) - Ze video

Un petit ennui technique vous a prives, cet apres-midi, de la video montrant ce jeune trentenaire qui a absolument tenu a honorer une derniere fois la 'Ficelle' en  administrant une "p'tite secouee" au vieux metro. Par pure amitie.

L'observateur attentif ne manquera pas de saluer la presence d'esprit de l'employe du metro qui, professionnel jusqu'au bout des doigts,  se propose de "faire un trou" dans la rame pour faciliter la besogne.

Ca c'est du service public ou je ne m'y connais pas.

Demain, retour a plus de finesse. Bonsoir.




22 janvier 2006

Adieu, la Ficelle (I)

Grande emotion samedi soir vers 23h55 pour tout Lausannois qui se respecte: c'etait l'heure a  laquelle "La Ficelle", notre metro a cremaillere qui reliait jusqu'ici le Sud au centre-ville (soit un parcours d'environ 1800 m), a effectue ce trajet pour la derniere fois. Apres 129 ans de fideles et loyaux services, la vieille dame fatiguee tirait sa reverence. Elle laissera sa place, en 2008, a un metro tout neuf. Qu'il faudra apprivoiser. L'occasion ici de rendre un dernier hommage en images a cette grand-mere dont le depart rend les Lausannois orphelins.

Chaque Lausannois a connu "La Ficelle" et chaque Lausannois a forcement des souvenirs lies a ce metro a cremaillere. Pour ma part, les premiers trajets que j'ai effectues a bord de cette ligne remontent a mon enfance, a l'age de 6 ou 7 ans, lorsque j'accompagnais ma mere en ville le mercredi apres-midi, pour faire les courses.

C'est dire si les gorges etaient nouees samedi, a l'heure du dernier trajet. Certains voyageurs ont meme eu beaucoup de peine a maitriser les ardeurs que leur inspirait cette ligne, tel ce trentenaire desespere et ivre de chagrin qui a absolument tenu a honorer une derniere fois la vieille dame en lui "assenant une petite serie". Un geste etrange, peut-etre, mais qui constitue a n'en point douter l'expression d'une affection sincere. Rien n'est ridicule lorsque cela vient du coeur et tant pis, finalement, si l'attachement au transports publics se traduit parfois par des transports... lubriques.

(Desole pour les accents, mais Videoegg ne les prend pas...)

(Mise à jour 23.01.2006: le quotidien 24 Heures consacre une page à la Ficelle, sur son site web, avec de nombreuses photos).


Adieu, la Ficelle (II)

Lors du depart du dernier metro, l'air etait electrique et l'excitation clairement palpable chez tous les passagers.

Excitation que ceux-ci geraient d'ailleurs de facon fort diverse, tantot en groupe, tantot de maniere plus solitaire.

Il ne nous appartient point de les juger ici.




Le boss vient?

  • Sortie de secours vers un site bien comme il faut

août 2008

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Tout, tout, tout